lundi 17 octobre 2011

PRISE DE TEMPS

PRISE DE TEMPS



Frustes bras noirs de la circulation
Engorgés de lampadaires lunaires
Vous chuchotez – ronronnez
A l’éveil de la ville
Pendant que la nuit
Vous crache
Son dernier morceau
Sans aucune étoile

Verra-t-on la blanche couverture de l’aube
S’étendre parmi vous ?

Tristes – les ombres des rêves
Sortent peu à peu de leur antre
Ombres furtives
Parmi les ombres

Je dépose ma couronne de mots
Sur une lèvre urbaine
Je l’humecte de café noir
Et y lance les volutes
De ma cigarette allumée

Le temps précieux garde encore l’obscur
Il est uniforme comme lui
Mais la vitesse des phares
Le surpasse
Bientôt le chuchotement – le ronronnement
Laissent place
A des giclées furibondes

Mauve noirci poussiéreux
Entre les arbres – entre les murs
Et au-dessus


Sous la caisse d'un camion à l'arrêt
N'est-ce pas une femme du lointain ?
Vrombissement !..
Non - Ce n'est pas l'exil - C'est une femme Ici
Dans le reflet de la vitre ennoircie

Quelques phares jettent des cristaux de roche
Dans des rigoles

Tout le ciel vire au mauve bleuté

Les passants fleurissent l’ombre générale
En chaînes de pas pressés
Dans toutes les directions
Sans arrêt – sans arrêt …

Bleu blanc du ciel

Archers d’Artémis
Lancez vos flèches sur l’horizon blafard
Que le soleil puisse en sortir
Sa tête incandescente
Sur la place qui rugit maintenant …

Blancs – uniformément blancs :
Le ciel – les murs – le macadam
Ça y est :
Les lampadaires abandonnent
Leurs rôles de veilleurs lunaires
C’est l’éveil partout

Les flèches n’ont rien pu faire
Le soleil a répondu absent
Du fond de l’horizon



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