jeudi 30 août 2012

AVEC LE SOLEIL



AVEC LE SOLEIL



Sur une toupie sonnante et en feu
J’alimente mon réel en un jeu
Tournant et glanant comme à la parade
Les mots que ma pauvre passion hasarde
En littérature – là – décharnée
 Qui – encore une fois – ici -  renait

Ah ! Que l’aurore me prenne à son lit
Que le matin me pousse à son roulis
Je brûlerai la bacchante à ses larmes
Pour en saisir l’Atalante à ses charmes
J’y raturerai les plaisirs fictifs
Et m’assurerai d’un chant incisif

Qu’est-ce-qui m’achemine sur la terre
Si ce n’est ce bref flambant de lumière
D’un seul coup tamisant mon carré d’ombres
Quand la nef d’un poème roule et sombre
Au fin fond d’une humide renommée
Qui saoule et s’intercale comme jamais
Entre les foules et chaque solitude
A qui je parle en toute latitude

Et même si l’amour nous ensorcelle
Il faut être sourd pour croire qu’il nous scelle
Dans un pur destin sans soir ni matin
Je cueille toutes mes fleurs en mutin
Une suffit pour lier mon désir
A celle qui l’entend comme une lyre

Or bien que le temps soit à la dérive
Je me livre à chaque instant qui délivre
Et – à ce vif sursaut de mon écoute
Pour ouvrir ne serait-ce qu’une route –
Au lointain renvoyer cette lumière
C’est ce qui me suffit sur notre terre

Ah ! Toucher ce qui brûle pour le proche
L’anonyme qui n’a qu’amitié en poche
Ainsi combler les êtres inattendus
Plus : pauvre et amante – bien entendus

Quoi ! Soleil ! Ne pas te faire vertu
Dans ce désert-même où l’on s’exténue ?!
Ici – sans l’ombre altière que tu lances
Tous nos pas seraient pris dans la cadence
Infernale des désirs machiniques
Ce serait une bien sombre musique !
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