mardi 19 mars 2013

DEUX FOIS LE CHANDELIER POUR CINQ PIEDS - EN TRENTE RAMEAUX



DEUX FOIS LE CHANDELIER POUR CINQ PIEDS -  EN TRENTE RAMEAUX






Sueur dans les murs
Le vent fouette le ciel ivre
Qui bave dans les rues suaves

Le temps s’accélère –
De suif bientôt asséché
Le macadam ronfle noir

Embardée du fleuve
Crachant – Ici – tous ses fauves
Qui crissent dans les bordées

Teint mauve du ciel –
Soleil en catimini –
Regroupement des nuées

Contre les haillons
De la lumière voilée –
On attend la cataracte

Nouvelle saillie
Du vent qui lance son souffle
Sur la bouche du fleuve

Puis une ombre informe
Plisse le silence aux murs –
Les passants pressés : complices

Vitesse sans voir –
Lampadaires alignés jaunes
Calfeutrant les yeux des fauves

Veille dans la ville –
Vade me cum des amants
Dans un espace qu’ils tracent

Derniers retours vus –
Le cri retenu du merle
Emballe tous les bagages

Nuit sans prévenir
  se brise tout élan
Des revenus du jour

Temps volé qui cède
Aux rendez-vous amicaux
Aux retrouvailles amoureuses

Repli dans les âmes :
Ce chantier rentré en elle :
Vacuité cheminante

Conte au débarras
Des paroles débridées ! :
Énigme de la tendresse !

Non ! On n’attend rien
Des paroles de promesse
Qui font banquet tous les soirs

Demain sans emphase …
Parti-pris pour la misère :
On ne chante aucun héros

Allez ! La musique …
Cette fois-ci dans les têtes –
Tant-pis pour les faux orchestres

Trouver la beauté
Au creux des calleuses mains
Qui battent notre mesure

Rentrée dans la nuit –
Sa pensée née du soleil :
L’Homme s’essayant à soi

Printemps dont on rêve :
On t’invente déjà là
Fleurissant tout le partage

Pourtant – est-ce ivresse
Ou course d’aspirations
Au dédale des passions ?

Ville en labyrinthe 
Oui ! Tu satisfais la soif
De qui garde ton étreinte

Et l’obscur tenu
Au croisement des errances –
Donne le courage heureux

L’obscur grandit l’âme –
Elle connaît le soleil :
Cet intime qu’elle appelle

Hiver qui te penches
Lentement vers la douceur
On suit ton fil suspendu …

A seule ouverture
Vient la chaude nouveauté :
Caresse-espoir dans la vie

Intime jardin
Grand ouvert aux solitudes
On te cultive en rencontres

Hasard non aride :
Passe-muraille induisant
Lèvres de joie aux grands fleuves

La ville et ses rues
Vont sourire en leurs courants
Et l’on se fera sourcier

Bientôt : frondaison
Batailleuse et pacifique
Dans les yeux des boulevards …
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