dimanche 3 novembre 2013

FUGUE D'AUTONE



FUGUE D’AUTOMNE




Le vent bat sur les feuilles et dans le drapeau –
Brassant le froid aux oreilles et sur la peau
Je cueille l’œil et les baisers de la misère
Leur fabrique un braséro qui les resserre
Sur le seuil – à l’abri du vent qui les aspire
N’est-ce qu’un poème où je voudrais voir fleurir
Les fils de la révolte en des chants de justice
Dans le cri d’accueil pour tous gens restés en lice

La brise redouble et s’accuse dans le drapeau –
Brassant le froid aux oreilles et sur la peau

Elle hurle – la brûlure dans la nuit sans trêve
L’oreiller des puissants trame de grands rêves :
Sueur – sang ou tous les affres de la douleur
Brisant le moindre espoir de voir renaître l’heure
D’une relève aux tempêtes fructueuses
Avec son espérance d’unité chaleureuse

Le temps qu’ici se défrisent les herses
Et le temps que se déchirent les oripeaux
De la puissance accrochée à notre drapeau
Quand la brise aura brûlé toutes les promesses
Du renouveau dans la gueule du monstre froid …
Nos chants ne resteront plus coincés à l’étroit
D’un monde tout ruisselant de ruines et de vide …
Misère ! Sous un toit tu seras moins livide
Le sang et la sueur s’effaceront d’eux-mêmes
De tous ces pauvres corps qui encore s’enchaînent
Aux lieux bouillants de tous les sacrés bons offices
Et il n’y aura plus pour les pauvres de sacrifices

Aucun commentaire: