mercredi 29 janvier 2014

APPRIVOISER LE LOINTAIN

APPRIVOISER LE LOINTAIN


Evasive langueur :
Lointain de craie pesante
Qu’il faut apprivoiser
Sans le lancinant
Crayon des
Rêves sans
Lueurs

Humide – encore endormi –
Sur les traces des ruades
Qui vont déjà abîmer
Le silence –
Le réveil
Après un sursis de
Paix oisive
Crédite
Le travail sangsue
De tant de combats

Et qui mange encore
Sur l’oreiller du bon sens ?
Le festoyeur de mots
Qui veut aligner
Ses rangées
Bavardes
Sur le papier où –
Déjà – il boit goulument

 Qu’il se rassasiasse – Qu’il se saoule et  qu’il défaille
Dans le vide et toute rumeur
L’ensommeillera

Mais douce est sa châtellenie !
Elle recouvre de tous les noms
Le bon crû et la langueur
S’en va sur l’horizon

Acheminé dans les dépôts
Du verbe toujours
Proxime
Sa tentation de l’alchimie
Le chatouille comme l’essence
D’une herbe alcaline
Sur son temps
Braisé
Maintenant comme
La circulation d’un sang bouillant
Sur la place à Marianne …

Tous ces feux passants
Ou clignotants
Grignotent
Toute distance et
Lui donnent une présence
Infernale – ça y est :

Le verbe est au jour
Qui attache les pas à son
Socle de verre – là
Derrière la vitrine
Du sens et ça
Fait tâche sur
Les parois
Encore ferrées de l’instant
Du rêve vif qui s’enlève
Et se soulève de
La force du temps
En se séparant
De l’office qui
Faisait haro
Sur le bon sens

Que les vains mots hurlant
Pour la séductrice raison
Rentrent dans l’émoi
De l’amour
Ils la retrouveront près
Du lit creux du
Lointain
Pris par
Toutes les sommes du proche
En un seul ensemble
Défitichisé – démonétisé
Par les – désormais :
Inutiles mais
Essentiels
Métrages de l’instant devenu
Courbe de tous les oracles fraîchement
Venus dans la lumière
Du jour 

Nouvelle ivresse débordant
Du verre de la détresse …
On se souviendra
Toujours de la seule promesse :
Celle de l’amour qui
Vient décliner
De toutes les forces non localisables
Où s’agitent fiévreusement
Tous les sens dans
 Un oasis inconnu
Où se mettent à nu
Comme des solitudes partagées –
Les revenus du lointain

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