dimanche 25 octobre 2015

POUR UNE REINE COMME ALICE




POUR UNE REINE COMME ALICE



Quand les marronniers roussissant sourient
A l'ivre circulation sur le fleuve de la place
Ma ville s'abreuve de son ciel gris

Mais les voix ici rayonnent et déglacent
De leurs conversations qui rient
Un soleil qui furtivement
Lance un éclat
D'ange

Et je confonds ma joie qui ne ment
Avec cet univers inconnu
Que danse – décisif -
Mon courage
Qui s'épanche dans ma main
Hésitante et nue
Même si
Ainsi
Se fabrique une écriture de dilettante

Et ma musique se dégage
Des pas hâtifs
Exténués
De ratures

J'entends danser les gammes
D'une femme tendre
Qui sourit à
Mes vers -
Me lançant ainsi au travers
Du ventre de
Paris
Sous les cendres des nuées

Et je renais encore
Avec des mots de corps et de chair
Qui portent ma peau
A l'incandescence
D'un cher amour
D'aventure
Tenue au
Futur

L'automne est tiède
Mon étonnement cède
A la nature et ses tropes
Où m'emportent
Les veines
De fleurs lointaines
Me poussant
Au seuil
Du ciel
Au cœur d'une trouée d'azur
Roué d'infini
En sang

L'heure est sableuse
Elle coule – hâle et enchaîne
Une houle de petits
Bonheurs
Qui sont des opales
Aux passades
Lumineuses
Qui creusent mon cœur parmi
La foule des
Passants

O Vénérable Paris ! Suis-je indécent ?
Ne suis-je pas trop hâbleur
A taire les voix
Qui – dans leur concert
Devraient me rendre
Moins dissert

Ah ! Laisser vibrer la soie
Comme d'un sari enjôleur
Se plisser sur les cuisses
D'une reine comme d'Alice
Chantant les venues des dieux
A son éden hanté par
Un aède capricieux
Qui voudrait
Tenter
D'accueillir avec le désir
Les soleils des banlieues !...

O Rince tes yeux et tes oreilles
Rince le grand Paris
Jusque dans
La veille
Et que ton cri modulé
Ne soit plus esseulé
Que la reine
S'essaye encore au soleil
Pour notre arène ainsi
Dessillée
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