lundi 22 février 2016

QUAND LES VOIX DE COMPAGNIE ASPIRENT LES FENÊTRES


QUAND LES VOIX DE COMPAGNIE ASPIRENT LES FENÊTRES



Ces griffes de lumière sur la pierre sombre
Ces puits brillants – insondables dans les murs-tombes
Cet alignement discipliné des lampes or
Ce macadam aux couleurs des feux du décor

Et cette pluie qui suinte sur le boulevard
Mais du rire ici la compagnie n'est avare
Elle rend tous les éclats bariolés de la ville
Elle construit – la nuit – son port comme d'une île

J'attrape l'air de ses paroles comme il vient
C'est à chaque fois un printemps qui se retient
On aime bien les parcelles de l'inconnu
Quand il se moque du ciel et nous met à nu

Pas de noir chaos mais le hasard de l'écoute
Qui met notre mélancolie dans la déroute
Ici : l'architecture – là : le bel amour
Plus loin : les confidences pour le jour …

Tout en même temps : l'arsenal des différences
Qui passe outre la guerre contre l'errance
Autant de lumières pour faire un arc-en-ciel
Où les voix multiples instruisent du réel

Et tirer à soi la bohème du poème
Libère pour l'Humanité notre « Je t'aime ! »
Sans avoir rien à oublier de son passé...
C'est assez prévenir ce qui peut le casser

La pluie dans la nuit demeure sans incidence
Sauf pour Misère la supportant en silence
Ah ! Que les passeurs de la veille ne l'oublient
Ici – quand à toute souffrance elle se plie

Quelques fenêtres ont lancé la mélopée
Nous y avons puisé l'énigme d'une paix
Qui a chanté et enchanté par des discours
Ne ressemblant à rien au mauvais jeu de cour

Sous l'auvent la ville a fait briller tout le proche
Quelque musique en vers essayés le décoche
Hors des horizons qui font briller le lointain
Dans l'étincelant de leurs miroirs sans teint
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