mercredi 6 juillet 2016

Voici - retravaillé - un poème ancien dédié à un enfant



PETITE ÉPOPÉE POUR UN ENFANT


Tu apprendras de la tempête
et ton courage solitaire
te tiendra bien haute la tête
pour ton voyage sur la terre

Soutenant ta navigation
ta patience te fera entrer
dans le soleil d'une passion
avec tous ses secrets attraits

Sans la renommée comme gloire
de s'asseoir sur royal siège
tu sais aimer sans faire accroire
que tout fort désir est un piège

Le vent ne viendra te briser
même dans sa plus grande rage
parce que tu veux tout oser
debout contre tous les orages

Nulle attente et nulle amertume !
Mais ce calcul d'orientation
restera ta seule fortune
sans qu'elle hante tes décisions

Et quelque soit ton port d'attache
tu sauras renouer sans-cesse
avec le lointain qui se cache
mais il t'est proche et ne te blesse

Enfant ! Tu n'erres dans tes rondes
et ne gardes tes regards clos
devant ces orgasmes du monde !
Tu restes aux spasmes des flots

Les bras ouverts à toutes terres
tu ne perdras jamais des yeux
que du sud au nord tout enfer
est noyade à prendre au sérieux

Enfant ! Tu grandiras l'accord
de tous ceux qui te grandiront
en pensée – savoir – âme et corps -
car ces merveilles tournent rond !

Tu ne perdras le vent liant
si tu suis encore ses courses
et ni l'occident ni l'orient
ne sont boussole pour ses sources

L'ardeur de vertus partagées
ce courage à tout traverser
ne donnera rien à singer
des pages d'erreurs du passé

Mais – gardant tels : paix – vent – boussole
et ton espoir rivé au corps -
comme sur un tout vierge sol
tu passeras tous les décors

Pour ta vie : ta fraîche mémoire
te garde indemnes les rêves
même s'ils renvoient au miroir
de l'enfer – Tu voudrais la trêve

Et toutes les voiles dehors
tu partiras en grand voyage
épousant ce si bel effort
de gens exilés sans bagages

Mais il ne peut t'émerveiller
cet exotisme si voyeur
où aboie si bien habillé
pauvre drapeau qui nie l'ailleurs


C'est une pauvre humanité
qui semble ignorer les tourments
et cherche dans sa liberté
à nier le fracas qui ne ment

Toi ! Enfant ! Tu ne te perds pas
et questionnes l'homme mature
sur tous ses soi-disant grands pas
où l'on joue à faux le futur

et la « Grande » force « mobile »
la « Ruse » de toutes couleurs
tous ceux qui les portent – habiles
et croient y corser le bonheur ! ...

Enfant qui ne crains aventures -
face à l'écran qui les infirme
tu réapprends en la nature
le grand futur qui les confirme !

Le « grand civilisé » rassure
affichant un chemin si fier
d'homme avisé et si « mature »
que la liberté ne conquière

Et sa grande sécurité
c'est parvenir en conscience
avec toute sa sûreté
d'être la meilleure engeance

Il s'y connait en paravents
où il croit abriter souffrance
de toute tempête et grands vents
mais fragile est sa jouissance

Toi l'enfant jeté dans le monde
sais si bien que cet homme aveugle
laisse mirer une âme immonde
qui comme un vil animal beugle

Toi l'enfant ! Ignores l'étriqué
tu n'es dans son miroir pervers
par des monstres préfabriqué...
Misère – exil sont à l'hiver

Spasmes orgasmes de ces temps... :
Tempêtes encore à venir...
La détresse aujourd'hui s'étend...
L'enfant nous laisse l'avenir !
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