mercredi 10 octobre 2012

ON CHERCHE LE MONDE



ON CHERCHE LE MONDE …



La terre crache au plus-allant
De la promesse
Son feu
Dans les veines
De l’Humanité
En viager

Le temps a mordu
La prière …
Est venu
Celui
De l’éveil
Recentré

Sisyphe – Newton
Ont été emballés
Dans un même
Destin terminal
Avec Prométhée
Qui rend l’âme
Avec sa flamme

On cherche le monde
Il est éclaté
Dans
Les artères
Des citadelles

Bouteille à la mer :
La poésie trame
Son mystère
Au creux des vagues
Où l’interpellent
Les navigateurs

Mais elle peut chanter
Dans son cristal
Le mouvement
Qui embrasse
Proche et
Lointain
Contre la déshérence
Par où a été
Abandonnée
La terre

Elle peut chanter les étoiles
Jusqu’à l’infini
Des univers

Car l’Humanité renaît
A elle-même
Doucement
Lentement
Sans les accélérations
De particules qui
La limitaient
Et l’enchaînaient

Elle renaît et refait
Un chemin
Pourvu qu’il
Ne soit pas court-circuité
Par le Corps-Capital
Qu’il ne soit pas fragmenté
Fissuré par ses atomes
Coagulés en énergie
Négative

Ce chemin s’entend résonner
Dans les parcours joyeux
Et tragiques de
Ses frères
Rebellés

Pas de mission – plus de prophétie
Juste une insistante résonnance
Et un partage sur toutes
Les scènes où crient
Les frères

Que ce cri se module
Et arme des
Naissances
Singulières
Jusque dans
Les courants impétueux
Qui traversent les mers
De rive en rive
Rêve sur rêve
Dans le réel
Ainsi tranché
Sous les étoiles triomphales
Par où s’accueillent
Tous les étrangers
Rivés à la misère
Et à l’ennui
Là – jusqu’au cœur
De nos
Citadelles  

mardi 9 octobre 2012

THEÂTRE SECRET



THÉÂTRE SECRET



Ici : ville
A la terre-sourires
Enchevêtrés sur fond
Hurlant des sirènes
Où ne sonne
La promesse
Que pour cacheter
Le brulot où s’invente
La lettre volée de l’instant

S’y serrent les paroles-oublis
Qui éventent la vitesse
La repliant dans
Un théâtre
Secret
Aux fastes étrillés
Par le ventre prométhéen

S’y arrache la peau
Du lointain comme prise
De la jeunesse désenchaînée
Du bruit qui façonne l’aînesse
Au fer des fauves traceurs
En circulation

Cette jeunesse - sauve encore
De ses serviles rudesses –
Va son cours
Dans l’ardence solidaire
Armée par le savoir
Des rencontres
Qui exécutent
Le temps
Des horloges

Elle va sans hors-là
Et déroge à la durée
Du capital impétrant
D’où se trament
Des héritages
Encombrants

Elle saute les parloirs
Qui dénudent
Sa pensée
Et sertit ses nids
De sensations amoureuses
Qui démurent tous
Les silences

Ainsi opèrent
Contre les pulsions cholémiques
Les cœurs abandonnés
Par les orchestres
Du monstre froid
Les cœurs ainsi
Ne frissonnent
Plus dans
La distance cataleptique

C’est à l’écoute
Des voiles levées
Dans un vent parfumé
Par le hasard
Que les plus grandes pluies
De larmes vont puiser
Dans l’âme de
Cette jeunesse
Le souci du bonheur
Qui gisait au creux
Dit banal
De la souffrance
De la séparation
Et de la misère

Non ! Il n’y a pas
Que les chausse-trappes
De la mode travestissante
Dans ces pas où s’engouffre
Le partage hors-places
Déshabillons nos illusions
Jusqu’au point où nous
Les verrons nouées
A nos vertiges !

Nous en appelons au poème
Pour revenir aux âges crus
D’où se cueillent
Les fruits
Du renouveau

Que tout poème aille
Aussi en avant
Et accueille
La fébrilité
D’une jeunesse
Qui n’attend rien
Au croisement
De tous les carrefours
Où crient toutes
Les rumeurs
De toutes les fins

Fabriquons aussi avec elle
La suite pour l’après-coup
Du destin mort
Fabriquons-nous
Des oreilles et des yeux
Attentifs sans faire
La guerre à l’instant
Du moment qu’il
Ouvre les portes
Au guet solaire
De l’avenir

Si différents soient nos souffles
Ils renaissent avec les nerfs
De la jeunesse qui
Flamboie

dimanche 7 octobre 2012

L'ANONYMAT LUMINEUX



L’ANONYMAT LUMINEUX



Comme la lumière
Passe entre les murs …
Il faut que tout ton amour
Parte de toi – du proche –
Du proche étranger à
L’étranger proche –
En faisant disparaître
Les cloisons de la
Solitude qui désespère …

Écouter le bruissement
Le craquement
L’éclat
Des voix
A côté de toi
Pour aller loin

Et la ville est là qui rugit
D’impatience …
Tu ne l’attends pas
Elle est en toi …
Empare-toi de
Ses rumeurs

Épouse la dans
Son anonymat lumineux –
A son sommeil
Comme à son éveil –
Quand la pluie rayonne
Sous les lampes – les enseignes
Sous les arbres
Quand le soleil jette
Ses premiers rayons
Sur la face noire
Des places – des rues
Quand la vie jubile
Aux carrefours

Attrape les premiers trilles
Des merles
Par le petit matin froid
Et obscur

Ah ! Voisiner avec ta propre guerre
Qui fulmine en toi
Sans construire d’oracle

Et voilà que la réponse
Aux jungles des regards –
L’écho à celles des écoutes
Seront tous pacifiés

Tu n’es pas chien
Dressé à mordre
Il faut juste domestiquer
Sa propre voix
En lui ouvrant
Ses tendres
Accents
En lui donnant rendez-vous
Au hasard des rencontres
Entre les murs
Qui cachent
Tant de charmes
Parmi tant d’îlots délaissés …

Tu souris à l’impossible
Qui te ronge
En en faisant
Ton propre songe
Et si ta chanson rompait
Tes chaînes ?...

Tu le sais :
Le siècle abonde
D’indignés
Mais leur socle
Est fil d’hirondelles
Qui remettent
Leur exil des causes
A plus tard

Dans la ville
Sonne pourtant l’espoir
Mais en aparté des
Solitudes
Sa terre résonne
Dans la pierre
Que nul insu
Ne livre au miséreux

Pourtant tant de digues
Passagères arrêtent
Les courants tempétueux
Et l’amitié s’expatrie si souvent
De la vitesse …

Que tu stigmatises les rites
Où se taillent
Les cultures
Rapides
Avec
Les haillons de ta
Parole déraisonnable –
La déroulant sur
La tête des
Dominateurs
Affables

Et c’est assez mûrir ta voix
Avec ce cocktail
Pour enivrer
Ton souffle –
Là au café « Demoiselle » -
Que ce nouvel ami
Te l’ait offert …
Ainsi tu finis
De dévorer
Ton silence
Et desserre ses pinces –
Déployant des ailes
De centaure amoureux
De Paris accroché
A la bouche
De la rue

vendredi 5 octobre 2012

CRISTALLISATION



CRISTALLISATION

Poème écrit entre deux
(Christophe Bonnaz et Alain Minod)
Librement recomposé
Par Alain Minod



La carte du tendre éblouit
Mes lèvres froides
Je bois –
Longues tirades émerveillées –
A l’oublieuse morsure
Je lis
Dans mes artères
Un tremblement de plaisir
Quand vient l’ivresse
J’en garde
Tout le suc et
Son écho
M’est promis

S’entendent les rires
De jeunes femmes
Toutes livrées à
Leur liberté
Qui fige
Éclate
L’ennui dans ses cordes

Est-ce qu’on prendrait
Le langage des statues
De Camille Claudel ?
On parle celui de
La féminité agile
Dans les braises …

Là donc le feu créateur
Délivre des enclaves
Où la peur fait
Son nid

Les lignes contaminées
On les défait sans-cesse
Avec celles des corps
Qui rafraîchissent
Nos territoires
En flammes
Surtout
Quand
Y dérive
La tendre lumière

Partagé par la pesanteur du temps
Et les subtils accents des voix
Notre propre instant
Cristallise
Sur les cœurs pulsant
La mémoire de
Leurs désirs

Là se toise une vérité impalpable
Et du rien que nous humons –
Nous extrayons une vraie
Chimère – forge d’élixir
En nos gorges
Contre toute amertume passée
Que nous avons – un moment –
Avalée – d’un trait
De lune