mercredi 26 décembre 2012

NON ! LA POESIE N'EST NI SPECTACLE NI PROPHETIE



NON ! LA POÉSIE N’EST NI SPECTACLE NI PROPHÉTIE !


Rien ? Sauf les mots pour bâtir un empire ?
Rien pourtant qui les raccroche au désir
Quand ils tournent en casserole de sens
Quand – déboitant le son en essence –
Ils se suraccumulent à toute vitesse –
Il faut – là – les contraindre à la paresse

Et si rhétorique guette musique
Pour affirmer un pouvoir sophistique –
Elle est une intruse dans le mystère –
Casse la respiration et l’enterre
Derrière les lunettes du spectacle –
Qui est tenté alors par les oracles ?

Or ce drapeau qui flotte dans le vent
Précipite votre marche en avant
En abandonnant ce qui restait cois
Dans abracadabra de votre voix
Mais – si ce n’était ce croassement –
Rien ne vous alerterait facilement ?

Et si le chant partait à la dérive
Votre humeur deviendrait alors lascive
Fiel et miel peuvent faire religion
Prosélyte poème à l’air de lion
Tu chuterais donc en mélancolie
Tu pourrais bien crier à l’hallali

En cherchant misérable paradis
Tu ne trouverais qu’enfer au pays –
Devenant ainsi pauvre paradigme
Tu prétendrais résoudre les énigmes
Par la désespérance métaphysique
Contre la misère mentale et physique

Ainsi il y aurait pays perdu
Pour tant de ces poètes prétendus
Ce dans le même temps où la lumière
Se dresse dans l’ombre sur notre terre
Mais où vont-ils loger leurs destinées
Si ce n’est  dans « l’humanité damnée »

Ceux-là jouent encore à la prophétie :
Tous ceux qui – contents de leurs arguties –
Dans de fragmentaires consolations
Érigent de jolies méditations
Sur les dos de ceux qui n’en peuvent mais :
Ces pauvres qui en seraient désarmés

Voyons aussi tous ces jeux de rimailles
Qui avec leurs paroles creuses taillent
Une bien maigre et vide poésie
Pour le plaisir de quelques gens rassis
Qu’ils hurlent – tempêtent ou même déclament
Lançant concours – tournois – c’est : sans flamme

D’autres encore remplissent tant de salons
Que leurs pouvoirs vomissent les haillons
Grand style jaloux et ressentiment
Sont le lot de celui qui toujours ment
Dans des officines à chasse gardée
Où ils se veulent achetés – regardés

Rien … Mais Ah ! Tout pouvoir dévolu
A cette pléiade si révolue
Ne saurait détenir toutes les clefs
Pour ceux-là qu’ils ont toujours appelés
Dans leurs petits espaces où ils étalent
Leurs savoirs comme sur tous les étals –
Ces adorateurs du poème carne
Que leurs dents aiguisées de loups décharnent

L’énigme ? : Que les sources – encore – coulent –
Que les muses sans-cesse s’y enroulent –
Que leurs vents chantent sous l’abri des étoiles –
Que toute poésie est à la voile
Dressée au cœur d’amour et de misère –
Qu’elle construit son art – un pied sur terre
Un autre grimpant à l’assaut du ciel
Sans jamais prendre le fiel pour le miel

L’énigme ? : Que chaque oreille à l’écoute
Que chaque œil ouvert sur toutes les routes
Mènent sans arrêt le proche au lointain
Sans jamais prétendre avoir tout atteint …
Des paroles lancées dans leurs silences
La musique fait – à tout instant - sens
Enregistrer un commentaire