samedi 5 septembre 2015

L'EXIL EST DANS NOTRE ROYAUME



L'EXIL EST DANS NOTRE ROYAUME



Dans ce royaume on ne rabâche pas son exil
On le moule aux forêts – aux lacs – au mers
Ici : on va le hisser sur les cimes

Aiguisé à la pierre
Il prend feu autour du ventre qui a faim
Ah ! S'enrouler dans des nuages chauds
Pour aller faire fondre les glaces
Et se désaltérer aux sources
De la compagnie

Quand à l'école d'altitude
Bruissent de nouveau
Les souvenirs -
Les arbres chantent avec le vent
Chantent avec les enfants
On est plein du désir
D'une seule terre
Embrassant
L'Humanité

Pour qu'y racine le savoir
S'accordent toutes
Les souches du
Voyage avec
L'inconnu

Et la musique des voix
Peut balayer jusqu'aux cendres
Des guerres

L’œil de l'exil ne recouvrira pas
Les traces des pas
Qui y ont dansé..
Il n'est ni neige – ni sel – ni sable

Ici les bouches lui envoient leurs baisers
Comme dans les hauteurs
De l'horizon
Tant de visages sans masques
S'emparent des regards
Amicaux
Pour faire valser leurs sourires
Comme avec les plus
Inattendus des
Anges

Îles aiguës des songes dans les dents
On vous confond sans un cri
Avec – ici – les crêtes blanches
Rongées par les brumes

Un été pleure son adieu précoce
Qui décoche ses nuées
De fraîcheur
Sur l'exil et fait partir
Les martinets...

Ces hirondelles peuvent s'accorder
De doubles séjours
Royaux
Mais …
Leurs nichées printanières...
Qui ne les voudrait pas
Par tous les temps
Parmi les
Exilés ?

Chut ! Chut ! Ici le vent a cessé
Mais la tempête pourrait
Naître en s'emparant
Des moindres
Nuages et
Les faire s'affaler
Sur notre bord
De montagne

Nous pourrions attendre
La levée d'un arc-en-ciel
Coiffé de toutes
Les couleurs...
Pourtant
Les armes solaires sont dans nos âmes
Nous ne les fourbirons pas
Aux prétendus héros
De tout conflit
Dans notre
Royaume

Nous irons jusqu'à nous brûler
Avec le feu des calumets !
Anti-héros ! Découvrons-nous
Inclinons-nous
Devant
Misère et exil...
Nous gravirons les pentes
Débarrassés du vertige
Qui assaille nos songes
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