dimanche 16 septembre 2012

SUR LE CHEMIN



SUR LE CHEMIN



Échauffourées entre bruits et silence
Dans la nuit sans étoiles
Les hallebardes
Des arbres
Leurs tresses emmêlées
Tracent sans-cesse
Des dessins
De lumière-émeraude
Qui allègent le vide
Sur les lèvres
Embouchées
Au carrefour

Tandis que s’affaissent
Les souches du lointain
Les embardées des fauves –
Farouchement – fauchent
La distance obscure
Avec la vitesse
De leurs phares

Tout ébouriffé dans un rififi
D’ombres adventices –
Le verbe danse
Et avance
Sur le fil
Des apocryphes signatures
De l’instant

A lente allure
La veille défait
Les stigmates de l’ennui
Et mord la présence
Des amants qui creusent
Par le milieu – l’espace
Des solitudes enchevêtrées
Au hasard

Et – ce faisant – la diseuse –
La lieuse poésie
Emporte ses dés
Aux confins de l’oubli –
Désertant tout paroli –
Lançant son défi
Aux sicaires
Du plaisir –
Accroche
Tout ce qui piétine
Et trépigne sur le bout haché
De la langue

On laisse tanguer
Le courant translucide
A travers les portes sombres
Derrière lesquelles
Gémissent
Les paralytiques et aveugles
Mots-séquelles
Du loisir
Impossible

On génère en le volant
Un air de Paris
Qui vibre
Avec la clef
Des plaisirs convoités


Le plein éclat de voix
Fait imaginer où pourrait
Habiter la misère
Si s’ouvrait leur seuil -
Comme un nid sans habitudes -
A l’étrange musique
Sans tapage
Où fleurit
L’étranger

mercredi 12 septembre 2012

A BOUCHE DECOUSUE




A BOUCHE DÉCOUSUE


Verra-t-on
Nos bouches décousues
Arracher des pépites
Au soleil
Et nos lèvres palpitantes
Saisir des fleurs
Aux coupes
Du mystère ?

Si notre misère étourdie
Voulait tenir ce désir
Elle se lâcherait
Au cru
D’un fruit bien palpable
Et cornerait l’écume
De la mer

Il faudra bien ramasser
Les perles de sueur
Qui s’étoilent sur
Son front
Et tombent
A la découverte
Toujours nouvelle
De l’aurore

Que dire d’un ciel souverain
Quand clignent ses lignes
Comme des  signes
Sur nos paupières !?

A l’abandon des fureurs
Nous ne gardons
Que la foudre
Hors de toutes les rumeurs
Qui cassent
La nouveauté

Au bruissement fébrile de l’amour
Nous reconnaissons les fruits
Irraisonnés du tombereau
De notre nuit

Vaille que vaille – qu’ils fassent
Terre contre tous les enfers –
Le temps qui suinte
De rendez-vous
Ne saurait tenir
La vitesse de propagation
D’un seul baiser hasardé
Et vainqueur

Et ce n’est pas de silence hirsute
Que bat un cœur tangible
Quand la tendresse
S’y surprend avec
Volupté
Mais du chant indélébile
Sur la marque de l’instant
Partagé

Ah ! Que l’humanité serait triste
Et que hurlerait son chaos
Si ne s’y joignait
Main à main
La chose vivace et charnelle
Où se ramassent
Nos grains de
Fantaisie
En terre ouverte
Par nos sillonnements
Hors des fenêtres toujours closes
De la peur et du désespoir

Mais … Silence ramassé
Dans le creux de nos épaules !
Cette chose n’attend rien
Que la lumière levée
De l’amour …

jeudi 6 septembre 2012

POEME ET ENCHANTEMENT



POÈME ET ENCHANTEMENT



Allez visiter un poème :
Un va-tout qui – d’un rien – engrène
Des sources – même au désert …
Et surtout : vous le moins disert
Mais ne vous abandonnez pas
A ces marches qui vont au pas

Si guerre est mauvaise fortune
Aspirer la dernière lune -
Quand le Pierrot vient en vainqueur
Conquérir encore les cœurs –
Relève quand-même en douceur
Les suppliques de la douleur

Ne marchandez pas vos désirs
Car rien ne saurait être pire
Que le moindre espoir en allé
Même si tout est dépeuplé

Face à la mort nul n’est comptable
Mais ne cueillez pas dans les fables
Justice quand elle s’y pare
De la « vertu » du tintamarre

Cherchez la page d’un poème
Pour aller trouver un « je t’aime »
Qui coule comme une fontaine
Ne sonnant pas comme une chaîne 
Pour vous-même et pour votre amour
Car toujours libre est son ajour

Enfin quand la vie vous enchante –
L’accompagner de ce qui chante
Et des rails du très grand ennui
Vous serez vraiment prémunis

La mélancolie attachée
Comme un boulet au pied des muses
Ne saurait plus où se cacher
Sans ces écoles où elle ruse

samedi 1 septembre 2012

ECRIN A OUVRIR



ÉCRIN A OUVRIR



Tutoie ta solitude
A l’œil serré par la transcendance
Il n’y a que ton amour
Qui l’oriente
Mais un triste épithalame
Ne le vaut pas
Pour la vertu

D’ailleurs même ta rage
En est prédatrice
Elle ne sied pas
Au soleil
De minuit
Quand les amis
Font s’effacer
Le noir nocturne
Mouillant de leurs chants
Ton  désert  apocryphe
Chipe un peu de bonheur
A leurs sourires

Tu le sais :
Le temps métropolitain est vieux
Il incarcère les étoiles
En son étroit écrin
Au moment où
La ville semble
Rugir
D’indifférence obscure

Ta vision est rouge
De larmes nouvelles
Mais elle ne saurait  gonfler
Les fontaines où
Coule une pureté
De cristal
Elle les brûlerait
Les assècherait
Plutôt

Et ne remonte pas
Dans les glaciers des visages
D’où – quand-même –
Des sources exurgent
Et – si tu filais – enroulais
Ton regard à partir
D’un corps flamboyant
Jamais tes lunes ne deviendraient
Voraces

Dans la compagnie de tes départs
Cythère ne serait partageable
Qu’en ses fruits
Recueillis
Par les Titans

Tu connais ce grand arbre
Qui s’agite dans la brise –
Il ramène la durée
Au milieu
De plus larges espaces
Où il chevauche en vieux
Soldat du temps
Avec l’étalon
Vibrant de
Ton désir

Ici donc la musique
Garantit la multiplicité infinie
Au creux bruissant
De la compagnie

Jette ta lettre
Aux fenêtres ouvertes
Pour brasser ton silence
Avec l’être qui danse
La lumière
Écarquille le monde
En ses cils
Que tu brises sa rumeur
Par les brindilles incendiaires
De tes mots émissaires
Il te répondra
Par un jeu
De fêtes et
D’ombres