mercredi 6 novembre 2013

MEMOIRE ET SOUVENIR



MÉMOIRE ET SOUVENIR



Au mur de nos années passées
Rugit encore la mémoire
Et tout clair de lune
Effacé
Rougit en nos cœurs  notre histoire

Souris ! Souvenir – dans nos jours
Souris aux heures de l’amour
Souris aux heures
De combat
Pendant que l’instant se débat
Avec le béton de cette ombre
Qui laisse rugir
Ce lion sombre

Il vient dans le vent de novembre
Planter crocs dans notre chair tendre
Mais les fruits du hasard
Murissent en balayant
Nos cicatrices

Il vient pour calquer un destin
Dans le moindre de nos  matins
Il est la mémoire immergée
Entre les murs de
La promesse
Mais il ne saurait déranger
Les passeurs d’une
Belle jeunesse

Quant à toi – tendre souvenir –
Gonfle les voiles du départ
En ouvrant nos murs
Épars  -
Arrachant  clefs de l’avenir
Aux gardiens sauvages
Du sens

Jeunesse en magie de la présence
Gardez-nous le jardin fleuri
Où résonnent de grands
Paris –
Réunissant tous les printemps
Poussant encore cet instant
Jusqu’à ces rêves
Qui refondent
Là – les sources les plus profondes

Tangerine Dream Live - The Electric Mandarine Tour

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TU ES CE VOLCAN



TU ES CE VOLCAN



Quand je vois monter en eau trouble
L’éclat vivace de tes yeux
Que les asphodèles
Redoublent
Comme
Au ciel des dieux
Je m’empare du paysage
En y assagissant mes armes
Sur le roc vif de
Mes alarmes

Et le lac blanc en péripéties
S’enflamme de toutes ses ondes
Relançant le pâle glacis
En grand incendie
De mon monde
Juste à la fraîcheur de tes seins …
Qui alors retrouve la source
Où s’éprouve l’ardeur
D’un dessein à ne plus
Entraver ses courses ?

Me resserrer près de ton corps
Ne plus errer au précipice
De ton ventre quand
Il fait bord
A ta voix
En feu d’artifice

Et ton océan jusqu’aux cimes
Soulèvera en tel volcan
L’étroit lac glacé de
Mes rimes
Que
Ta belle âme en corps s’arquant
L'enverra valser à Belle-Ile –
Ton nid réchauffé
Par l’exil

Georges Schéhadé


dimanche 3 novembre 2013

Mouloudji Jean Misère

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FUGUE D'AUTONE



FUGUE D’AUTOMNE




Le vent bat sur les feuilles et dans le drapeau –
Brassant le froid aux oreilles et sur la peau
Je cueille l’œil et les baisers de la misère
Leur fabrique un braséro qui les resserre
Sur le seuil – à l’abri du vent qui les aspire
N’est-ce qu’un poème où je voudrais voir fleurir
Les fils de la révolte en des chants de justice
Dans le cri d’accueil pour tous gens restés en lice

La brise redouble et s’accuse dans le drapeau –
Brassant le froid aux oreilles et sur la peau

Elle hurle – la brûlure dans la nuit sans trêve
L’oreiller des puissants trame de grands rêves :
Sueur – sang ou tous les affres de la douleur
Brisant le moindre espoir de voir renaître l’heure
D’une relève aux tempêtes fructueuses
Avec son espérance d’unité chaleureuse

Le temps qu’ici se défrisent les herses
Et le temps que se déchirent les oripeaux
De la puissance accrochée à notre drapeau
Quand la brise aura brûlé toutes les promesses
Du renouveau dans la gueule du monstre froid …
Nos chants ne resteront plus coincés à l’étroit
D’un monde tout ruisselant de ruines et de vide …
Misère ! Sous un toit tu seras moins livide
Le sang et la sueur s’effaceront d’eux-mêmes
De tous ces pauvres corps qui encore s’enchaînent
Aux lieux bouillants de tous les sacrés bons offices
Et il n’y aura plus pour les pauvres de sacrifices

samedi 2 novembre 2013

ECRITURE ET POESIE



TRACES ET OUBLI DE L’OUBLI




Assagir l’oubli de l’oubli
Rentrer dans l’être – dans son pli
Qui tressaille dans le devenir
Pour se retourner en désir

Tenir ce point d’appui : l’espoir
Et quand toute la pluie du soir
Suinte sur toutes promesses
Essuie sa beauté sur son zeste

Si tu travailles à sa relève
Ne déchiquète ses morceaux
Et attrape toute sa sève
Sans le découper aux ciseaux

Rentre dans sa si belle chair
Que la veille ne soit morbide
A ce moment de grands éclairs
Qu’ainsi Paris ne te soit vide

Et si vibrant – si écarlate
Que puisse être ton horizon
Ne sanctifie pas tes pénates
Détache toi – garde raison

Poursuis le chemin du poème
Qui te grandit lorsque tu aimes
Allume-le avec le vent
Qui sait bien être si savant

Si tu tombes dans l’infortune
Ne cherche pas les belles lunes
Tu grandiras dans les partages
De la magie qui nous rend sage

Si l’oubli de l’oubli s’égrène
Au sablier du temps qui passe
Toi  tu gardes encore les traces
De tous les bonheurs qui se sèment

Il reste que c’est bien l’instant
Qui acclimate la distance
En la meublant de tout silence
D’où la parole insiste tant