vendredi 8 août 2014

ROSE DE LUMIERE



ROSE DE LUMIÈRE




Au chamoisement de roses
Sur la béance de mon regard
Un silence oisif ressort …
Plus claires sont
Les modulations encore rauques
De mon souffle qui
Se cherche

Et je vois cette voix piquée de rouge
Qui maroufle l’à-pic des neiges :
Gouttes de sang dans
Les nuages

Au-delà : les larmes d’amour
Recueillies dans les yeux
D’enfants
Appellent à sortir
Du creux serré
De notre âme

O Durable est ce chant
Qui s’engouffre vers l’horizon
Discernable est sa couleur
Aux sentiments sertis
D’ardeur
Il brûle et incendie
Terreur et laideur
En accompagnant
La terre de ceux
Qui souffrent

Ce que l’on ose avec les roses
Pour raffermir l’espoir
Quand la lumière
S’enfuit
On ne les effeuille pas

Et si jamais devait se ternir notre accueil
Nous ne pouvons oublier
Ce qui résonne
Aussi loin
Que l’innocence de l’enfant
D’où s’épanouit le questionnement
De sa ferveur

On  n’écrase pas les fleurs
Même quand rugit
Notre désamour
Sinon nous abandonnerions
Au lourd destin
Tout matin ou
Tout soir
Quand rougissent les neiges
Avec leur secrète
Histoire

L. Boccherini - Complete Cello Concertos, Julius Berger

lundi 4 août 2014

LE SECRET TOUT ETOURDI



LE SECRET TOUT ÉTOURDI



Écoute ! Montagne ! : Ce secret …
Il est agrippé à tes pentes
Il jaillit en source
De tes veines-cristal
Et bat dans ton ventre rocailleux

Écoute et vernis les haillons
De ma voix hoqueteuse
Avec le lait de ton
Silence glacé

J’épouse les nuages qui te caressent
En attendant ici une grande
Pluie d’amour

Brûlant le chiffon de mon errance
Avec tes éclats cristallins
Il me reste à batailler
Avec le vent
Qui frémit
S’étirant
Depuis
Ta robe de zibeline
Fixée à ton cou

Écoute ! C’est ainsi que j’assoie
Ma musique – de ton flan
A tes seins
Je les devine capricieux
Emportant le caducée
De mon désir …

Bruine soudaine qui n’ébruite pas
La douceur battant – énigmatique –
Sur tes traces féminines
Effacées sans
Séduction  …

De tes hauteurs : tes clins d’œil
Que l’on imagine – ici –
A travers un épais
Voile qui t’immacule sûrement

Puis – sur nos têtes – le ciel
Semble cracher au
Coup par coup
Sur le secret
Tout étourdi

On te le dit maintenant
Même s’il est caché
Dans tant de
Nuées rassemblées

Montagne ! Te couvres-tu
Pour ces fureurs
Orageuses
Qui semblent fermer
Les cœurs sur eux-mêmes …

Mais – après toutes leurs palpitations
Si éreintantes –
Le dernier mot demeure
A l’amour invariable et fidèle
Comme toi : Montagne
Si aimable qui laisse
Transpirer l’éternel
Jusque dans
Le hasard du temps !

samedi 2 août 2014

DANS LES SENTES DE MON COEUR



DANS LES SENTES DE MON CŒUR





De ce tranquille fatras feutré de chaux
Se cisèle en charme une gamme
Scellée au secret …
Je la module
D’argile
Où les mots-femmes
Façonnent des rameaux
Qui sonnent
Contre
Les sales balles et bombes
Qui assaillent en trombes
L’Homme innocent

Les lueurs bataillent …
Elles chantent et hantent
L’homme de guerre …
L’humide et le torride
S’exhument dans
La sueur qui
Raisonne avec
L’orage


O Magnifique montagne
Sous la ruée des nuées
Un hasard vous moule
Avec le babil de
Mon art
En grand habit de tulle
Et la bulle de mes rêves
Vous donne l’air
De la dame de
Chair que
Caresse la trêve
En mon âme

Sur mes lèvres roulent
De mièvres rumeurs
Qui déboulent
Sans entraves
A travers ces sourires d’oiseaux
Qui saoulent mon désir

O Soleil ! Ne déserte pas
Le grave bazar de mes airs
Ravis ma solitude !
La perte de lumière
Rendrait le silence volubile
Sans l’agile musique
Du magique
Hasard

Entrez ô fragiles nuées
Elancez-vous là :
Dans les sentes
De mon cœur !
Que j’attrape la fantaisie
Qui me saisit !

vendredi 1 août 2014

L'HORIZON DANS L'INSTANT



L’HORIZON DANS L’INSTANT



Au succédané du temps
Tu prends ce qui n’excède pas
Ton appétit d’éternité dans
Une prétendue immortalité
De pouvoir

Tu laisses aussi présager par l’instant
Que la lumière passera au travers
Du brouillard

Tu sais l’horizon rouler – inassagi
De montagne en montagne …

Et s’il dévoilait cette blancheur
En maelstrom qui se saoule
Fugace …

S’il devait les imprimer :
Ces traces de grande hauteur
Dans notre regard …

Trépignerais-tu encore
Comme à l’assaut du hasard ?...

Tu n’écraserais pas le silence
Il t’emmènerait à recueillir avec élan
L’essence et le cru de l’accueil

Et quelle ne serait pas ta surprise
D’entendre se rehausser
Les voix les plus
Différentes
Dans la prise d’Humanité
Gravissant les sentes
Les rocs et
Les neiges
Au-delà des forêts de l’errance
A distance de tout
Immortel ferrage
Dans l’abîme !

Oui ! Les temps sont au surcroît d’amour
Qui invite au royaume
De l’art

Plier la pensée au creux de la tendresse
Pour qu’elle ne souffre plus
De buter contre des
Murs-prison
Pour qu’elle ne s’endurcisse plus
Au lointain sans
Avenir
Pour qu’elle s’élève
Et ne tombe pas ainsi
Empesée de
Douleur

Tant que peut s’escalader son horizon
Il y aura toujours la cascade
Rafraîchissante de
L’instant …
Toi – tu la démultiplieras
La grâce fugace en la
Laissant peupler
La chair vive
Du partage

Shostakovich Piano concerto No.2 Andrei Korobeinikov (piano)