mercredi 12 septembre 2012

A BOUCHE DECOUSUE




A BOUCHE DÉCOUSUE


Verra-t-on
Nos bouches décousues
Arracher des pépites
Au soleil
Et nos lèvres palpitantes
Saisir des fleurs
Aux coupes
Du mystère ?

Si notre misère étourdie
Voulait tenir ce désir
Elle se lâcherait
Au cru
D’un fruit bien palpable
Et cornerait l’écume
De la mer

Il faudra bien ramasser
Les perles de sueur
Qui s’étoilent sur
Son front
Et tombent
A la découverte
Toujours nouvelle
De l’aurore

Que dire d’un ciel souverain
Quand clignent ses lignes
Comme des  signes
Sur nos paupières !?

A l’abandon des fureurs
Nous ne gardons
Que la foudre
Hors de toutes les rumeurs
Qui cassent
La nouveauté

Au bruissement fébrile de l’amour
Nous reconnaissons les fruits
Irraisonnés du tombereau
De notre nuit

Vaille que vaille – qu’ils fassent
Terre contre tous les enfers –
Le temps qui suinte
De rendez-vous
Ne saurait tenir
La vitesse de propagation
D’un seul baiser hasardé
Et vainqueur

Et ce n’est pas de silence hirsute
Que bat un cœur tangible
Quand la tendresse
S’y surprend avec
Volupté
Mais du chant indélébile
Sur la marque de l’instant
Partagé

Ah ! Que l’humanité serait triste
Et que hurlerait son chaos
Si ne s’y joignait
Main à main
La chose vivace et charnelle
Où se ramassent
Nos grains de
Fantaisie
En terre ouverte
Par nos sillonnements
Hors des fenêtres toujours closes
De la peur et du désespoir

Mais … Silence ramassé
Dans le creux de nos épaules !
Cette chose n’attend rien
Que la lumière levée
De l’amour …

jeudi 6 septembre 2012

POEME ET ENCHANTEMENT



POÈME ET ENCHANTEMENT



Allez visiter un poème :
Un va-tout qui – d’un rien – engrène
Des sources – même au désert …
Et surtout : vous le moins disert
Mais ne vous abandonnez pas
A ces marches qui vont au pas

Si guerre est mauvaise fortune
Aspirer la dernière lune -
Quand le Pierrot vient en vainqueur
Conquérir encore les cœurs –
Relève quand-même en douceur
Les suppliques de la douleur

Ne marchandez pas vos désirs
Car rien ne saurait être pire
Que le moindre espoir en allé
Même si tout est dépeuplé

Face à la mort nul n’est comptable
Mais ne cueillez pas dans les fables
Justice quand elle s’y pare
De la « vertu » du tintamarre

Cherchez la page d’un poème
Pour aller trouver un « je t’aime »
Qui coule comme une fontaine
Ne sonnant pas comme une chaîne 
Pour vous-même et pour votre amour
Car toujours libre est son ajour

Enfin quand la vie vous enchante –
L’accompagner de ce qui chante
Et des rails du très grand ennui
Vous serez vraiment prémunis

La mélancolie attachée
Comme un boulet au pied des muses
Ne saurait plus où se cacher
Sans ces écoles où elle ruse

samedi 1 septembre 2012

ECRIN A OUVRIR



ÉCRIN A OUVRIR



Tutoie ta solitude
A l’œil serré par la transcendance
Il n’y a que ton amour
Qui l’oriente
Mais un triste épithalame
Ne le vaut pas
Pour la vertu

D’ailleurs même ta rage
En est prédatrice
Elle ne sied pas
Au soleil
De minuit
Quand les amis
Font s’effacer
Le noir nocturne
Mouillant de leurs chants
Ton  désert  apocryphe
Chipe un peu de bonheur
A leurs sourires

Tu le sais :
Le temps métropolitain est vieux
Il incarcère les étoiles
En son étroit écrin
Au moment où
La ville semble
Rugir
D’indifférence obscure

Ta vision est rouge
De larmes nouvelles
Mais elle ne saurait  gonfler
Les fontaines où
Coule une pureté
De cristal
Elle les brûlerait
Les assècherait
Plutôt

Et ne remonte pas
Dans les glaciers des visages
D’où – quand-même –
Des sources exurgent
Et – si tu filais – enroulais
Ton regard à partir
D’un corps flamboyant
Jamais tes lunes ne deviendraient
Voraces

Dans la compagnie de tes départs
Cythère ne serait partageable
Qu’en ses fruits
Recueillis
Par les Titans

Tu connais ce grand arbre
Qui s’agite dans la brise –
Il ramène la durée
Au milieu
De plus larges espaces
Où il chevauche en vieux
Soldat du temps
Avec l’étalon
Vibrant de
Ton désir

Ici donc la musique
Garantit la multiplicité infinie
Au creux bruissant
De la compagnie

Jette ta lettre
Aux fenêtres ouvertes
Pour brasser ton silence
Avec l’être qui danse
La lumière
Écarquille le monde
En ses cils
Que tu brises sa rumeur
Par les brindilles incendiaires
De tes mots émissaires
Il te répondra
Par un jeu
De fêtes et
D’ombres

vendredi 31 août 2012

DEGAGE-TOI SUR UN CHEMIN



DEGAGE-TOI SUR UN CHEMIN



Dégage-toi !
Vas sur le terreau sombre
Sur lequel vaque le ciel qui se dénoue
Lentement de la nuit

Arpente le vide
Fertile est le temps volé
A la ville qui  se lève

Dépoussière tes yeux du rêve
Qui les hante


Oui – longtemps – je me suis levé tard
Et ne pouvais voir l’or arpenter l’horizon
Ni le dédale des marches
Le rencontrer
La nuit est solide
Dans son entrave
Fixant  le sommeil
Et je ne m’en défaisais pas


Regarde – maintenant tu es l’indien
Passeur   de l’éveil
L’aurore est ton ambassade
Auprès de ses indigènes
Laborieux


Mais où sont mes rêves ?
Envolés – évanouis – enfouis ?
Ils me deviennent étrangers …


Oui – tu es toi-même l’étranger
Au milieu d’autres
En ce petit matin
Qui cherche le jour
Tu cherches la distance
Or l’exil est là
Il prend graine dans ta ville


Je ne cherche pas – je veux prendre ma part
A l’ordinaire levée qui court
Entre les murs
A l’extraordinaire éveil qui y sourd
Sans promesse
Je veux accomplir le geste
Du guetteur


Tu es encore dans la vacance
Certes singulière
Mais très répandue
Parmi ceux – nombreux –
Qui se veulent messagers
Mais tu n’es pas encore rentré
Dans le vide dont se remplissent
Ardemment les passeurs


Certes – alors que devient
Le secret des villes
Si l’on ne cultive pas
L’instant – solitairement ?
Je souffle sur les braises qui tombent
Du ciel sur ma place –
Braises de lumière
Qui incendient
La charpente
Du travail


Et bien – dis-toi que tu es avec elle
Et maintiens la distance
Qui te manquait
Dans ta quête
Solitaire
Et ouvre – ouvre le sens
A ce peu de non-sens
Qui accompagne
Les ruées chaotiques
Dans la ville


Je me dégage donc – j’élague le futur
Dans ma proximité
Avec ce qui vient :
Ce transport dans
La présence …


Attention ! Même la présence conquise
Ne te fera indien et passeur
Il y manque le chemin
Et sa césure
Ses ruptures …


Oui – mais tant a été grande
La catastrophe
Que ce chemin
Opère dans le rien …

Non – il faut peut-être affirmer
Que sans direction
A tes mots
Et sans compagnie
Le chemin
Collapse …
Mais …
Interrompons là
Notre vide est sans aucune mesure
Avec le rien
Et il est initial
Au chemin


Je suis d’accord :
Il s’agit de remonter le vide
En creusant le sol de la présence
Et de ressurgir Ici
Au croisement de l’habitat
Et de l’exil
En laissant libre
Le territoire des villes


Libre – tu dis libre
Pour passer avec le monde Ici -
Sans qu’aucun privilège
Ne soit donné
A son sens ?…


Oui et si je te comprends :
Un chemin entre
Présence et absence
Entre vide et non-sens –
Sachant remplir la direction
Prise dans l’instant -
Par moi-même
Et donc dans la distance
De l’instant ?


Oui – si tu veux
Mais n’oublie pas l’approche – l’avec –
Bref : la compagnie !