vendredi 25 juillet 2014

VENT ET BAISERS

VENT ET BAISERS



Sur ta bouche : ce doigt du silence
Et l’empreinte de
Mon sourire …
L’argile de mes édifices
Sur ton ventre …
Et mes mains avec tes mains
En grands ébats
De chair

La flottille des caresses
Qui vont en petits cris
Asseoir le commerce
De nos âmes sur
Nos corps
Jusqu’à
Les faire tanguer

Une maison à conquérir
Sur l’océan fougueux
De nos désirs
Et …
Un vent souverain
Pour faire avancer notre flibuste
Dans le tumulte de
Vagues qui
Se nouent à
Nos regards

Ce vent nous emporte
Loin de toutes rives
Et pourtant –
Par nos rêves ancrés
Profondément avec leurs cordes longues
Sur l’Atlantide de nos sens –
Nous avons relevé
Nos lignes de
Flottaison

Et nos baisers lancés
Dans les hautes vagues
Ont un goût d’écume
Ramassé sur le bord à bord

Toi ! Toi et ta demeure d’en-dessous –
Tu m’auras fait chanter
L’hymne des sirènes …
Mais c’est ta langue du désert
Qui m’aura fait épouser
Celle des profondeurs
Océanes

Chut ! Un doigt de majesté silencieuse
Pour ériger un monde
Dans le tien …
Et j’aurai tout découvert
A l’affût de ton
Royaume …

Fortune au gué du fleuve-hasard :
Toi ! Toi ! Tu m’auras
Fabriqué un
Destin
Nous nous serons aventurés
Là – sur l’horizon infini
Des vagues et
Des dunes

Princesse des enfants et
Toutes innocences !
Cette route que
Tu as déjà
Ouverte –
A dégagé des ruines englouties
Le corps vivifiant
De l’amour …

Ainsi tout se reconstruit
Jusque dans la catastrophe
Et dans tous les
Assassinats !
Toi ! Toi !
Tu me transportes
Tu nous emportes
Comme le vent : loin – loin !
Et comme un volcan : profond – profond !

JOAN BAEZ (full concert,1965)

jeudi 24 juillet 2014

LE MOMENT POUR SEMER

LE MOMENT POUR SEMER




La tête éblouie par l’instant ne sera pas oublieuse
Elle saura irradier la mémoire
De joie incandescente
Et de douleur
Fulminante

Chacun s’y reconnaîtra
Sans avoir besoin de foudre et tonnerre
Contre l’autre supposé
Ignorant

Mais où va donc la mémoire
Si elle brûle tout partage ?
Un seul et beau pays
Pour une seule
Humanité ?

Ce serait semer le grain sur les braises
Et fertiliser jusqu’aux laves …
Ce serait fleurir et
Faire germer
L’innocence là où
On la massacre …
Ce serait engager la peur
Dans le forceps
Du courage

Quand gémissent en prières
Les miséreux sous
Les ruines
Qui fait le compte de leurs souffrances
Pour des vies arrachées
Pour des corps en
Lambeaux ?

Et ces terres confisquées –
Ces arbres déracinés
Ces maisons
Atomisées :
Exil forcé ?

Peut-être que le moment advient
De souffler les flammes
Des différences
En un seul foyer
D’accueil ?

Peut-être le juste
Osera-t-il se lever pour
Paix et mémoires ?

Donovan/Colors /Colours 1968 Epic

lundi 21 juillet 2014

L'AVENIR DE L'ESPOIR



L’AVENIR D’UN ESPOIR




La trame sautée du présent tue l’avenir
En enfouissant le devenir
Sous des monceaux
De ruines …

C’est la guerre à l’amour – ce prince des nuées
Qu’aucune trace de hasard
Ne saurait éviter
C’est la guerre à l’Humanité – cet horizon indépassable
Qu’aucune escalade
Ne saurait décramponner
De notre terre

Montagne ! Tu nous fais franchir
L’arbre des songes
Avec les nuées
Qui –
Tour à tour –
Te voilent et te dévoilent …

Nous passons au temps réel
Nous inclinons à
Le toucher
Quand le non-savoir nous ronge
Et nous chantons
Avec les ailes d’Icare
Quand maints oiseaux accueillent
Notre innocence

Blanc ciel léchant les toits –
Nulle voracité ne plombe
Notre désir
Mais nous avalons
Le présent qui nous fait jongler
Avec les dents de l’abîme …

Nous – complices
Des invisibles cimes –
Nous ne nous replions plus
Dans l’attente d’insurrections
A la pointe aigue où s’agitent
Les secrets combats entre
Azur et nuées

Et notre innocence
Ne creuse pas dans la mémoire vive
Des tempêtes à douleurs
Mais elle tient
A sa surface où se modulent
Les cris de l’amour

Nulle hauteur ne saurait emporter
En de vains mots
Les espoirs féconds
De l’égale clarté …

Inévitable est le chemin
Qu’arpentent les enchaînés aux
Grandes lunes libératrices …
Incontournable est le présent
Qui remonte les précipices
De la mémoire

Et l’espoir n’est dicté
Par aucune promesse
Il court – s’avançant nu
Dans les plus brûlantes
Terres de son avenir

Plus s’engrangent éclairs et foudre
Plus fortes et plus lumineuses
Se tracent les voies
De l’épanouissement

samedi 19 juillet 2014

LA GANGUE DE LA PAROLE ET LA PAIX



LA GANGUE DE LA PAROLE ET LA PAIX




La gangue de la parole s’ouvre
Aux fleurs de l’amitié
Nul dictionnaire
Ne saurait
En donner la voix

Mots ! Epanouissez-vous
Sur le falbala frémissant
Du partage
On saura en habiller
Le socle fragile
De vos racines

Ils prendront force et douceur
Sur le devenir riche
Où croissent
Ardeur et
Fidélité

Chaque rencontre y trouvera
Ses fruits durables

Pleure un peu ! Ciel
Sous les monts et les pics !
Ce sera encore ivresse :
Un « grand tabac »
Dans les mots
Inattendus
Où viendra s’humecter
La tendresse

Ici – la paix rentre
Dans les courants ascendants
Avec des coins d’azur pour
Les oiseaux chantant
En témoins
Avec la lumière ruisselante du soir
Revenue un instant caresser
Les yeux de la
Compagnie

Fleurs de l’amitié –
Quand tonne le temps
D’une Humanité assassinée –
Vous rentrez dans les cœurs
Des enfants …

Là-bas – la grande faucheuse
Les prend et les arrache
A leurs berceaux !

Fleurs de l’amitié !
Le maelstrom de la haine
Ne vous déracinera pas …
Mais cent et cent et cent :
C’est une hémorragie
De disparitions avec
Drapeau ensanglanté

Ici – sous la montagne
Creusent les mots sages
Qui ne se courbent
Qu’avec la clarté
Du silence
Entrecoupé par celle
De la parole amicale

Ici – pas de monstre
Pour des bals et des feux d’artifice
Mais «  notre prise de la Bastille »
Détournée – lancée
Là-bas – comme fête à deux pas
De feux d’artifices-massacres
Bal et feux commandés
Par notre monstre
National !!!

La fête est  finie Ici
Mais y demeurent épanouies
Les joies de l’innocence
Qui pactise avec
La cohorte des
Cimes

Langue vorace de la vengeance !
Notre monstre national la cultive
En insultant l’Humanité
Pendant que des tueurs « civilisés »
Massacrent pelle mêle
Innocence et
Courage

Mile et mile et mille
Que le cycle des tempêtes
Ne peut vouer
Au nouveau ghetto
Car il reste des mémoires
Qui ajourent l’amour et soulèvent
La gangue de la parole
Pour sortir de
La mort par
L’amitié!