mardi 10 avril 2012
IL NEIGE ...
Il neige sur nos souvenirs
Nous désencerclions la misère
En en faisant de la paille
Pour nos feux
Il neige sur nos souvenirs
Mais tout brûlait
Sur la chair de nos combats
Il neige sur nos souvenirs
Mais nous tracions
Cent mélodies
En dehors des citadelles de feu
Il neige …
Et nous gardons au cœur
Des souvenirs
De justice
La paix blanche
Nous la creusons
En franchissant
Tout le silence
Maintenant
Nous désencerclons l’amour
Et la neige lui façonne
Un manteau de Zibeline
Là-bas – l’écume du temps
Va de sac en ressac
Neige ! Nous entendons ton silence
Qui sèche nos cicatrices
Mais comment les oiseaux font-ils
Pour refonder la musique
En exilant nos mélodies
D’est en ouest -
Des montagnes vers l’océan ?
Il neige et la chaleur de mon corps
Vibre dans le vide
Où attendent les sommets embrumés
Un grand souffle s’entend
Au carrefour de la mémoire
Et de la présence
Du proche et du lointain
Nous gardons quelque pitié
Pour les accélérateurs du temps
Et nous contemplons – contemplons
Les pommiers encore en fleurs
samedi 7 avril 2012
UN CORPS - LA MONTAGNE
Montagne !
Le halo de ton sourire
Blanchit jusqu’à tes lèvres
On chuchote sur ta bouche
Le silence de l’escale
On avale ton vide
Au creux de tes cols
A la hanse de tes pentes
Quel preux chevalier
Ne t’épouserait-il pas ?!
Il glisserait dans le couloir
De tes seins
Sur ton ventre cornu
Il s’emporterait
Jusqu’à tes talons
Levés dans tes sources
Jusque dans ton talweg
Toutes tes veines chevelues – pierreuses
Cristallines et glacées
Il les aurait sillonnées –
Accentuant sa respiration
Pour leur souffler
Son air
Toutes les terreuses épées
De tes combats
Il les aurait brandies
Pour la paix
Sur ta tête neigeuse
O montagne
Ton temps appelle
De tendres éternités
Accueillantes
Aux mariages souverains
samedi 31 mars 2012
A PLEINE JOUE
Ai-je volé le cœur d’un désir
Pour qu’il me revienne
En soupirs hachés ?!
Mais … Vigilance ! Vigilance !
Ne pas sécher le souvenir
Aux vengeances
Du vent
L’argent – le nerf de l’oubli
Martèle le fer rouge
Où supplient
Les baisers
De ne pas être rongés
De ne pas être happés
Par la frappe du temps
Et c’est bon vent
Qui les rapporte
En neufs
Crie ! O crie ! Désir
Métamorphosé en prose
Coupante
Et travaille au larmier
Qui perle des fleurs
Germée au fendant des oracles
Inscrite dans le grain solaire
Où s’irisent tes lèvres –
Monte ! Verbeuse forêt des mots
Et tacle les pieds fous
Qui s’aventurent
Dans les brins d’herbes sauvages
Pour y inscrire un but
Mais oublie le vol de tes armures
Ne te caparaçonne plus
Dans tes arbres
S’il y pleut des chants d’oiseaux
Assouvissant la soif des hauteurs –
Qui aura pleine joue
Sur un sein de neige ardent
Qui se plonge dans le chuchotis
Où insiste une source
Qui la remonte pour chuter
Sur les pierres en avalanche
D’un poème
Se réveillera … Se réveillera
Comme dans une maison de fée
jeudi 29 mars 2012
PARE-FEU
Je paradais
Glue à la patte …
Chaux vive dans son âme –
Désembaumé fut mon corps
Au sortir d’hiver
Sous bon vent de Neptune
Aux lèvres d’Astrée
Ici : pluie sur neige
Puis – soleil … Soleil sciant
Ma plume
Jusqu’aux rhizomes d’une promesse
Il rit – chahute et chante
Plante fleurs et bourgeons
Là où tout fut transi
Par le gel
Cependant – ma parole
Etait encore embourbée
Comme charogne
Au bord de mon sourire
Rougie à la blanche lumière
Des citadelles blanches –
Elle entra en insurrection –
Se stupéfiant d’un long éclat d’os –
Elle sortit de sa chair élaguée
Et chiffonna son tronc
Contre la mort
Elle s’acharna – s’acharna –
Arme d’Armageddon –
Elle trancha – trancha
Au cœur d’Aphrodite
Et ses larmes ne s’asséchaient plus
Leurs crues délitées
Furent un poème à roses d’azur
Qui garda leurs plis recharnés
Pour le futur
Soupirant à la nasse de ses feux
Ses nerfs – lentement – s’assouplirent
Et – façonnant un corps neuf –
Se mirent à souffler le verre
Comme fragile il était !
Exécutant le flasque de ses laves –
Il se construit maintenant
Dans une durée de basalte
Comme un pare-feu
Plus tracées sont les lignes de l’instant
Plus s’effacent les signes du hasard
Et le passé insiste alors
A la porte noire
Du présent pétrifié
mercredi 28 mars 2012
BEANCE
Ici – béance musicale :
L’adorée mi-ciel
Use le vide
Dans l’enchevêtrement des hauteurs
Le chant des oiseaux brave
Le soleil baissé sous toit
D’où sonnent des voix
Qui s’y cramponnent …
Il se tait – Il se cache -
Avec la haleur cristalline
Il découpe une chaîne blanche
Au cou de l’horizon bleu-azur
Tâches dans la prairie –
Joie ! Primevères
Jusque dans la froidure
De l’ombre
La soif de distance
S’étanche dans le lointain-proche
Qui devise dans les montagnes
Dans l’arène du silence
Qu’enchantent merle et fauvette
S’enroule la passacaille du désir
Qui monte en roseraie
Sur les joues du Mont-Blanc
L’instant glisse hors de ma voix –
La fauche
Descendant abruptement
En élan de loup
Dans la veille qu’attendent
Les étoiles
dimanche 18 mars 2012
LE RIDEAU
La nature a tiré un rideau opalin
Sur les citadelles
Elle leur a volé l’or du couchant
Éternité mouchetée
De cotonnades gonflées de silence
Marbrant lourdement les sapins
Striant de cristal
Les herses des arbres
Le ciel – tamis blanc pour blanc –
Se confond avec la terre
Lustre – voile – ivoire …
Pendaison du vide
Habillé du corps d’hermine
Qui – sans un cri –
Glisse dans la face de la nuit
Sept heures à la cloche :
Le temps se marque
Et le rideau s’ouvre
Merle ! Vois-tu les forêts de l’adret ?
Il ne neige plus … Tu chantes !...
samedi 25 février 2012
A ANGYE
A ANGYE
Tu embrasses le lointain
Avec la fibre
Où s’enfile ta liberté
Tu limes mes chaînes
Où crissent
Des amours passionnés
Anneau après anneau
Tu tisses et lisses un chant
Sur un cristal andin
Tu soulèves la musique
En sortent des « forget-me-not »
Ils rappellent mémoire et hauteur
Et gardent l’or du soleil
Dans les montagnes inondées
D’aurore
Longtemps – longtemps –
Aux portes du jour
Vibre une voix
Toujours ouvrant des sentes
C’est la tienne
Armée de poèmes
Qui sourdent
Du bruit infernal
De la mitraille
Des fantômes éructent
Des vampires hurlent
Ils encensent la mort
Mais – toi – tu ne te tais pas
Source est ta vie
Et ta vérité
Le beau matin est proche
Qui libèrera
Les ombres de la nuit carcérale
Et le merle enchanteur
T’accompagnera
Qui défait la « lumière noire »
Se sépare du malheur
Et les « enfants nuageux »
Découvriront le beau fruit
Que tu leur tends
O Angye
« L’air est taillé comme un diamant »
Et la clef du soleil
Que tu tiens dans tes mains
Déjà illumine de ses éclats
Personne ne te la volera !