jeudi 7 janvier 2016
mercredi 6 janvier 2016
VARIATIONS A BOUT DE NEZ
VARIATIONS A BOUT DE NEZ !
J'ai du nez pour ces temps
J'ai du nez pour ses vents
J'ai du nez pour ses vins
Mais ne suis né devin
Me trouvant nez à nez
Avec des gens bien niais
Qui veulent le dénier
Du p'tit bout de leurs nez
Ce temps où l'on renaît
…
J'ai vu que sont fanées
Leurs matures années
Cause est l'esprit mené
Pour richesse asséner
Je n'en suis malmené
Car toutes mes journées
Je les passe à traîner
La trace instantanée
De mon art seriné
Pour être bien vanné
Par mes vraies Dulcinées
J'ai tellement donné
Que par le bout du nez
Ne pourrait me mener
L'ennui des fortunés
Ce sont des gens bien nés
Qui ne peuvent régner
Sans toile d'araignée
Sur toute destinée …
Quelqu'un pour eux :
damné
Vous voulez dépanner …
A la barbe et au nez
Qui ne le reconnaît ?
Vous sentez à vue de nez
S'il n'est pas condamné
Comme un déraciné
A errer aviné
Si vous êtes gêné
De le savoir jeûner
Vous mettez votre nez
Dans sa vie malmenée
Ce qui l'avait tannée
Avec l'espoir cané
C'est la fleur à gagner
Alors vous lui donnez
En musique et déjeuner :
Poésie à glaner
Une muse il reconnaît -
Sans ivresse – étonné :
C'est l'Homme qui renaît
En retrouvant son nez
Pour bien l'accompagner
Cet élixir gagné !
lundi 4 janvier 2016
LE POEME TRAVERSE L'INSTANT (NO 2)
LE POÈME TRAVERSE
L'INSTANT (N0 2)
Sous la rigueur de
l'instant
Ne meurt pas le souvenir
Toujours rejaillissant
Dans la fontaine
Des mots
Et – ne pas avoir à
répéter
En est le signe
Occulte
Un temps dans le vide
Comme dans la fournaise …
Et se lance une voix
Comme une soudaine
respiration
De l'impossible réel …
Battue en corps
Elle lui soutire le
possible
En le chevillant à la
vitesse d'une fulguration
Que l'on veut capter
Comme éclair
Illuminant un quartier
plongé
Dans l'obscur
C'est incessamment
Que l'amour monte à sa
renverse
En ordonnant le délié
D'un sens
Aux sons prolixes de la
pensée
Faite langue
Et le souvenir se plie au
proche
Il le féconde à partir
Du lointain
Puis … :
Ce que l'on a toujours
vu :
Il se raye et s'enraye
Sous la plume
Vorace de
Nouveautés
La musique alors s'empare
du hasard
Dirait-on qu'elle lui tord
le cou ?
Non ! Elle chemine
comme
La pensée dans
Les mains d'un poème …
Et c'est assez prendre
l'imprévu
Assez mordu au réel
Qui dit : « Non !
Je ne l'ai pas vécu
Cet instant où le « Je
pense »
S'enflamme sous
Le court-circuit
De l'instant »
Qui le dit peut voir –
écouter -
Dans la fontaine des mots
Danser les feux follets
Du Verbe …
D'où l'on tire un flux
qui déroule
La soif d'un sens orienté
Vers un horizon
Affranchi
Des lignes épaisses
Où insisterait la courbe
non-délimitée
Du déjà vu – du
paraître plein
D'habitudes insignifiantes
Car c'est à chaque fois
que se lance un poème
Que se relance l'horizon à
chaque fois
Nouveau
Foin de l'idée qui s'use
dans l'instant
Foin de l'oubli qui meurt
A l'instant
On aura toujours pensé le
lointain
Au fil déroulé de
l'infini réel
D'une mathématique bleue
Pour toucher
L'autre bout de la courbe
Celui de l’asymptote
Où tout toujours
Évolue
On s'en va si loin dans
l'écriture
Quand la voix s'arme
Du phrasé d'un sens...
Jamais plus on ne
tranchera
Au creux de la chair
De l'âme
On lui dit :
« Viens !
Modèle mon désir
Module-le
En chant"
Alors l'horizon
s'éclaircit
On touche à l'aurore
Et on la remue dans sa
main …
Chaleureuse intensité
De qui vient
Et s'abstrait
De la morne répétition...
Des voix multiples qui se
donnent
Rendez-vous en concert
On tire le silence
Du quant-à-soi
Et puise
Plus allègrement à la
fontaine des mots
Vous voulez vous saisir de
la clef
De cet impossible devenu
Possible réel ?
Armez-vous plutôt
De la présence
Au monde !
Sortez de la survie où
vous convie
Tout destin de Pouvoir !
Réinventez le monde
A partir de ce monde
Et démultipliez les
figures dansantes
Du désir demeuré désir !
Cela aura été ce manque
à être
Qui vous aura donné
L'être-même de
La Lettre
Et vous aurez vous aussi
Dansé avec les ailes
De l'éternité
Faite chair et corps de
l'instant
La beauté alors en mille
fleurs
Viendra s'épanouir sur
Votre chemin
Même s'il est entravé
Par votre misère
Même s'il semble borné
Par votre solitude
Voilà donc que l'on peut
boire à la source du temps
Et sortir en même temps
de toute promesse
Passée – présente ou à
venir
Comme si l'on pouvait
Arracher l'horizon
D'un poème
A la porte
Des songes
Comme s'il avait toujours
été question
De l'ouvrir en s'exposant
Aux courants d'air
Avec cette fenêtre du
cœur
Elle aussi ouverte
Oui ! Sait-on bien
cibler l'errance
Sur les vagues insistantes
De la parole faite
Voix ?
C'est peut-être en se
séparant
Du règne de l'habitude
Même si elle insiste
A convoquer
La libre évolution de la
pensée
Même si elle semble
Porter sa sécurité
Son aisance !
Tout le temps cependant
Y meurt à l'instant
Vague après vague les
mots courent
Et peuvent vous blesser
Avec l'intensité
De leurs galops
Blesser la chair de l'âme
Et vous faire rentrer
Dans l'oubli
De l'oubli …
Lentement pourtant :
vous passez ce risque
En réamorçant la musique
Du partage
Car on n'écrit pas sans
elle
On pense aussi loin
Que l'on donne
Sa voix
A tout anonyme qui la
prendra au vol
Et la recréera pour son
concert
Personnel
Ainsi sans perdre le
mouvement qui l'anime
On donne à sentir ce pas
Dans la fulgurance
D'un éclair
Initial
dimanche 3 janvier 2016
VOIX - SILENCE ET RUMEURS AU "CANON DE LA NATION"
VOIX – SILENCE ET
RUMEURS AU « CANON DE LA NATION »
Grise aventure du silence
vitrifié
Qui bat la chamade en
étroite intermittence
Avec les voix de tous
solitaires liés
Tranchant les rumeurs qui
rappellent la distance
Ils partagent éveil et
bataille des corps
Et en un contre-temps
laissent tomber l'horloge
Qui rend si peu de joie
qu'elle flambe aux décors
Du « Canon de la
Nation » où leurs cœurs dérogent
Aux abîmes où
s'évanouissent les passions
Ils voudraient respirer
l'air de la liberté
Sans mordre la poussière
avec leurs illusions
Qui dans leurs songes
fabriquent l'intimité
Mais les désirs
demeurent-ils à l'abandon
Tient-elle notre ville à
les laisser pour compte
Ils ne savent plus comment
lui livrer leurs dons
Elle voit si bien que
toujours ils se démontent
Pendant ce temps se
prépare le grand midi
Pour d'autres
réjouissances de nouvel an
Mais O Misère ! Tu
n'as encore rien dit
Qui puisse remonter ton
généreux élan !
Pourtant Ville qui portes
tous accents et langues
N'écouterais-tu – ne
sonderais-tu les cœurs
Si tu savais comment tous
ces souffles exsangues
Pouvaient relever leur
véritable rancœur …
Peut-être en ces bouquets
tout pavoisés de couleurs
Ou – pour sortir du
gris-être qui te taillade -
Avec de belles rumeurs
contre leur malheur
Tu n'aurais de peine avec
de tels camarades
Tous ces corps qui ne
peuvent que s'agglutiner
Dans ton pauvre havre si
calme au matin gris
Oui ! Tu leur
montrerais bien le bout de ton nez
Ville ! En te
dégageant de tous ces malappris
Qui t'ont volé ta belle
âme et ta vraie vertu
Oui ! Depuis que tant
de miséreux se sont tus !
samedi 2 janvier 2016
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