vendredi 11 mars 2011

AVANT LA CREPUSCULE

AVANT LE CREPUSCULE

Un baiser d’air frais

Au-dessus des terres fendues

Ici – dans la montagne aplanie

Grimpe vers le soleil roussissant

Vers le plus haut – vers l’immaculé

Tête vide attachée à l’horizon blanc sur bleu

Cœur élancé aux doux gazouillis

Vers le creux béant et sombre

De la vallée

Et … Plus loin – plus loin

Mais se rapprochant :

La voracité de l’ombre

Attrapant tous les précipices

Jusqu’à ne subsiste

De la lumière

Que cette monumentale

Clarté de chaux

Bientôt bordée puis auréolée de roses

Arrondissant l’angle rentrant

De la nuit vers les étoiles

Le baiser – alors – aura tout emporté

Jazzant avec le merle

Sur la secrète obscurité

mercredi 9 mars 2011

UN MATIN

UN MATIN

Brume solaire

Par-dessus les dames en mariage

Qui regardent l’Europe

Du haut de leurs chapeaux

De brumes cristallines


Bruissement d’oiseaux

Par tous les bords d’arbres bourgeonnants

Par ceux des sapins fiers et singuliers

Et le chant moqueur

Les caquètements – les trilles diverses…

Tout un concert pour annoncer

L’éveil du soleil

Derrière les robes blanches

Sans compter les silences

Où rentre la ferveur


Là-bas – au-delà des mers

En deçà des déserts

La liberté fait ses boucles

D’où – là aussi le soleil est en cristal

Pour une Femme

Qui ne se tarit pas

Dans l’eau des exils


Une Femme qui nous appelle nous aussi

Comme à deux pas

De la candeur éternelle

jeudi 24 février 2011

PASSERELLE

PASSERELLE

Alors que se défoncent

Les pavés de la gamberge

Dans des mandarinades

De tête à faux

S’exténue le probable

Pour des aléas de fortune


La lettre du soleil étant cachetée

Au tampon plombé

Par la misère –

Passe un ciel gris – si gris

Qu’il draine des horizons hébétés


Dame Promesse érigée en sceptre-

Toute une cour de hâbleurs dorés

S’en vont – tout pétulants de leurs armes –

En une simiesque valse du verbe

Dans des couloirs où brille

Le « qu’en dira-t-on »


Paroles graveleuses édifiées

Sur des passerelles entre murs oraculaires

Où se vantent encore leurs miracles


Moulins à vent escaladés

Sur l’oubli en livres-gravats


Chiffons dans la pensée

Pour l’effacer en poussières

De temps comptabilisé


Liberté – Passerelle !

Tu pleures dans ce harnais

Tu pleures – puis – furtive –

Tu montes à la gorge sèche

De Titans attristés

Tu fais un grand tour de ronde

Dans les oasis désertés

Jusqu’à y égrener la pluie

Dans des sourires-tonnerres

Qui vont vibrer de tout leur sang

Et…Là : nul vampire pour t’égorger !

vendredi 18 février 2011

LE SECRET

LE SECRET

Le pas du sens

Sous l’orbe fauve

Du ciel qui veille


La langueur où il erre

Contiennent le choc

D’une parole conflagratrice

Déjetée sous des amours

Qui rampent


Mais – Ici – si la musique

Fait son travail d’orfèvre –

Elle remplit tout

De la coupe aux lèvres –

Ecartelant le froid et unique chaos

En flammèches multiples pour cristal


Elle sait jouer avec le silence

Et couve la renaissance

Jusqu’à toucher la lune et le soleil levant


Dès de moment le sens trouve son chemin

La ville dit aussi son secret

En s’abandonnant à cette vivacité

dimanche 13 février 2011

ECRITURE ET POESIE

REGAIN

Ici - Si l’on se dérobe

A la porte de l’oubli

On casse la rampe de sa pensée


La laisser donc entrebâillée

A la mesure de la taille

Où s’émousse le souvenir


Et qu’à la lumière de la ville

Se suspendent les lignes du lointain

Sans que - jamais –

Ne s’y circonvienne

Le temps de la mémoire


Ici – d’entre les murs

Les voix rugueuses

S’emparent du regain

Clouant au sol

La gueuse qui rumine

Leur envol en Paris


Même la bruine casse l’huis de la nuit

D’où se brassent des soucis

Emmêlant l’horizon

A la tête des sourires


Sur le tourniquet des rencontres

Roule l’éternité des amours

En roses d’offrande

Qui jettent un peu de jour

Dans le proche séjour du lointain


Et – dans les sépales de l’infini

S’exfiltrent des grains de sérénade

Qui râpent aux lèvres de l’étranger


On s’abreuve à l’ici et maintenant

Dégrevant de l’air du temps

Le tamis des misères

Quand il jette ombre et sel

Sur la veille des errants