CE QU’IL EN EST DE L’IDEAL …
Plus rien …
A la porte de mercure :
Lourd – lourd
Mais – assoiffé d’insaisissable –
Est notre amour –
Ultime martingale –
On y dresse son jeu
Comme un pouvoir
On y visse et dévisse son désir
Comme à la question
Les oiseaux se chargent
Du sourire
Où nous nous liquéfions
Et la poésie ?
Elle ne se partage
Qu’à l’ombre
De la solitude debout
La brillance – la romance – la ferveur
Le précieux – le prie-Dieu – la frayeur …
Il suffit – suffit – la pitié !
Les causes généreuses
Sont insondables
A la corde des songes
Il y faut un sol
Où – de boue chargée –
L’idéal se piétine
Ravaler le verbe
Quand il est au mur
Il n’y a pas de promesse
Qui n’ait été tuée
Car il n’existe que dans l’oubli des choses
Cet horizon où l’on veut voir sans-cesse
Une roseraie
Le qui-vive – l’attente – la patience –
Ces échos du semblant
Serinent dans la parole à genoux
Ami – prends rendez-vous
Avec toi-même
Avec toi-même – charge-toi de silence
Dans sa présence – tu verras l’aimée
Charpente ta maison
Avec le bois scié de l’inconnu
Les poètes maudits sont peut-être
Ceux qui crachent leurs espoirs
Dans le désespoir
Enfants – ils soupirent – aspirent
Aux fleurs de jungle
Incendiée
Masoch y bâtit ses palais
Là où s’associent
Les beaux parleurs
Là où jubilent
Princes et princesses
Cet air irrespirable
Ce cercle de feu
Qui noue
Leurs frasques amoureuses
A leurs phrases aboyeuses
Ce grand théâtre
De leurs singeries babillantes
Voilà le masque de leur puissance
Auquel nous opposons d’abord
Un grand et sauvage
Eclat de rire
Manque encore un franc terreau
Une franche rive
Où l’on n’écrase pas les cœurs
Souffle silence
Jusqu’à la résistance
Ce chemin se trace maintenant
Il se démarque en frère
Tutoyant le pauvre – l’anonyme – l’étranger
Comme l’aimée
S’écartant, une fois pour toutes
Des princesses et des princes
Qui se permettent de jouer
A Penthésilée ou à Zarathoustra
Là sur des montagnes d’orgueil et de mépris
Sur des vagues énormes de domination
Fière d’utiliser comme marchepieds
Les corps de Cythère
Pas de partage est leur adage
La charité : leur violon d’Ingres
La belle renommée : leur passe-temps
Ne la fardons pas celle-là
Avec l’aimée – ne nous y fourvoyons pas
Ne nous y rabaissons pas
Nulle bienséance – nulle rémission
Nulle résignation
Il y a loin de la coupe aux lèvres
Et nous ne la boirons pas
La prétendue eau de jouvence
De tous les pouvoirs
samedi 21 avril 2012
mardi 10 avril 2012
IL NEIGE ...
IL NEIGE …
Il neige sur nos souvenirs
Nous désencerclions la misère
En en faisant de la paille
Pour nos feux
Il neige sur nos souvenirs
Mais tout brûlait
Sur la chair de nos combats
Il neige sur nos souvenirs
Mais nous tracions
Cent mélodies
En dehors des citadelles de feu
Il neige …
Et nous gardons au cœur
Des souvenirs
De justice
La paix blanche
Nous la creusons
En franchissant
Tout le silence
Maintenant
Nous désencerclons l’amour
Et la neige lui façonne
Un manteau de Zibeline
Là-bas – l’écume du temps
Va de sac en ressac
Neige ! Nous entendons ton silence
Qui sèche nos cicatrices
Mais comment les oiseaux font-ils
Pour refonder la musique
En exilant nos mélodies
D’est en ouest -
Des montagnes vers l’océan ?
Il neige et la chaleur de mon corps
Vibre dans le vide
Où attendent les sommets embrumés
Un grand souffle s’entend
Au carrefour de la mémoire
Et de la présence
Du proche et du lointain
Nous gardons quelque pitié
Pour les accélérateurs du temps
Et nous contemplons – contemplons
Les pommiers encore en fleurs
Il neige sur nos souvenirs
Nous désencerclions la misère
En en faisant de la paille
Pour nos feux
Il neige sur nos souvenirs
Mais tout brûlait
Sur la chair de nos combats
Il neige sur nos souvenirs
Mais nous tracions
Cent mélodies
En dehors des citadelles de feu
Il neige …
Et nous gardons au cœur
Des souvenirs
De justice
La paix blanche
Nous la creusons
En franchissant
Tout le silence
Maintenant
Nous désencerclons l’amour
Et la neige lui façonne
Un manteau de Zibeline
Là-bas – l’écume du temps
Va de sac en ressac
Neige ! Nous entendons ton silence
Qui sèche nos cicatrices
Mais comment les oiseaux font-ils
Pour refonder la musique
En exilant nos mélodies
D’est en ouest -
Des montagnes vers l’océan ?
Il neige et la chaleur de mon corps
Vibre dans le vide
Où attendent les sommets embrumés
Un grand souffle s’entend
Au carrefour de la mémoire
Et de la présence
Du proche et du lointain
Nous gardons quelque pitié
Pour les accélérateurs du temps
Et nous contemplons – contemplons
Les pommiers encore en fleurs
samedi 7 avril 2012
UN CORPS - LA MONTAGNE
UN CORPS – LA MONTAGNE
Montagne !
Le halo de ton sourire
Blanchit jusqu’à tes lèvres
On chuchote sur ta bouche
Le silence de l’escale
On avale ton vide
Au creux de tes cols
A la hanse de tes pentes
Quel preux chevalier
Ne t’épouserait-il pas ?!
Il glisserait dans le couloir
De tes seins
Sur ton ventre cornu
Il s’emporterait
Jusqu’à tes talons
Levés dans tes sources
Jusque dans ton talweg
Toutes tes veines chevelues – pierreuses
Cristallines et glacées
Il les aurait sillonnées –
Accentuant sa respiration
Pour leur souffler
Son air
Toutes les terreuses épées
De tes combats
Il les aurait brandies
Pour la paix
Sur ta tête neigeuse
O montagne
Ton temps appelle
De tendres éternités
Accueillantes
Aux mariages souverains
Montagne !
Le halo de ton sourire
Blanchit jusqu’à tes lèvres
On chuchote sur ta bouche
Le silence de l’escale
On avale ton vide
Au creux de tes cols
A la hanse de tes pentes
Quel preux chevalier
Ne t’épouserait-il pas ?!
Il glisserait dans le couloir
De tes seins
Sur ton ventre cornu
Il s’emporterait
Jusqu’à tes talons
Levés dans tes sources
Jusque dans ton talweg
Toutes tes veines chevelues – pierreuses
Cristallines et glacées
Il les aurait sillonnées –
Accentuant sa respiration
Pour leur souffler
Son air
Toutes les terreuses épées
De tes combats
Il les aurait brandies
Pour la paix
Sur ta tête neigeuse
O montagne
Ton temps appelle
De tendres éternités
Accueillantes
Aux mariages souverains
samedi 31 mars 2012
A PLEINE JOUE
A PLEINE JOUE
Ai-je volé le cœur d’un désir
Pour qu’il me revienne
En soupirs hachés ?!
Mais … Vigilance ! Vigilance !
Ne pas sécher le souvenir
Aux vengeances
Du vent
L’argent – le nerf de l’oubli
Martèle le fer rouge
Où supplient
Les baisers
De ne pas être rongés
De ne pas être happés
Par la frappe du temps
Et c’est bon vent
Qui les rapporte
En neufs
Crie ! O crie ! Désir
Métamorphosé en prose
Coupante
Et travaille au larmier
Qui perle des fleurs
Germée au fendant des oracles
Inscrite dans le grain solaire
Où s’irisent tes lèvres –
Monte ! Verbeuse forêt des mots
Et tacle les pieds fous
Qui s’aventurent
Dans les brins d’herbes sauvages
Pour y inscrire un but
Mais oublie le vol de tes armures
Ne te caparaçonne plus
Dans tes arbres
S’il y pleut des chants d’oiseaux
Assouvissant la soif des hauteurs –
Qui aura pleine joue
Sur un sein de neige ardent
Qui se plonge dans le chuchotis
Où insiste une source
Qui la remonte pour chuter
Sur les pierres en avalanche
D’un poème
Se réveillera … Se réveillera
Comme dans une maison de fée
Ai-je volé le cœur d’un désir
Pour qu’il me revienne
En soupirs hachés ?!
Mais … Vigilance ! Vigilance !
Ne pas sécher le souvenir
Aux vengeances
Du vent
L’argent – le nerf de l’oubli
Martèle le fer rouge
Où supplient
Les baisers
De ne pas être rongés
De ne pas être happés
Par la frappe du temps
Et c’est bon vent
Qui les rapporte
En neufs
Crie ! O crie ! Désir
Métamorphosé en prose
Coupante
Et travaille au larmier
Qui perle des fleurs
Germée au fendant des oracles
Inscrite dans le grain solaire
Où s’irisent tes lèvres –
Monte ! Verbeuse forêt des mots
Et tacle les pieds fous
Qui s’aventurent
Dans les brins d’herbes sauvages
Pour y inscrire un but
Mais oublie le vol de tes armures
Ne te caparaçonne plus
Dans tes arbres
S’il y pleut des chants d’oiseaux
Assouvissant la soif des hauteurs –
Qui aura pleine joue
Sur un sein de neige ardent
Qui se plonge dans le chuchotis
Où insiste une source
Qui la remonte pour chuter
Sur les pierres en avalanche
D’un poème
Se réveillera … Se réveillera
Comme dans une maison de fée
jeudi 29 mars 2012
PARE-FEU
PARE-FEU
Je paradais
Glue à la patte …
Chaux vive dans son âme –
Désembaumé fut mon corps
Au sortir d’hiver
Sous bon vent de Neptune
Aux lèvres d’Astrée
Ici : pluie sur neige
Puis – soleil … Soleil sciant
Ma plume
Jusqu’aux rhizomes d’une promesse
Il rit – chahute et chante
Plante fleurs et bourgeons
Là où tout fut transi
Par le gel
Cependant – ma parole
Etait encore embourbée
Comme charogne
Au bord de mon sourire
Rougie à la blanche lumière
Des citadelles blanches –
Elle entra en insurrection –
Se stupéfiant d’un long éclat d’os –
Elle sortit de sa chair élaguée
Et chiffonna son tronc
Contre la mort
Elle s’acharna – s’acharna –
Arme d’Armageddon –
Elle trancha – trancha
Au cœur d’Aphrodite
Et ses larmes ne s’asséchaient plus
Leurs crues délitées
Furent un poème à roses d’azur
Qui garda leurs plis recharnés
Pour le futur
Soupirant à la nasse de ses feux
Ses nerfs – lentement – s’assouplirent
Et – façonnant un corps neuf –
Se mirent à souffler le verre
Comme fragile il était !
Exécutant le flasque de ses laves –
Il se construit maintenant
Dans une durée de basalte
Comme un pare-feu
Plus tracées sont les lignes de l’instant
Plus s’effacent les signes du hasard
Et le passé insiste alors
A la porte noire
Du présent pétrifié
Je paradais
Glue à la patte …
Chaux vive dans son âme –
Désembaumé fut mon corps
Au sortir d’hiver
Sous bon vent de Neptune
Aux lèvres d’Astrée
Ici : pluie sur neige
Puis – soleil … Soleil sciant
Ma plume
Jusqu’aux rhizomes d’une promesse
Il rit – chahute et chante
Plante fleurs et bourgeons
Là où tout fut transi
Par le gel
Cependant – ma parole
Etait encore embourbée
Comme charogne
Au bord de mon sourire
Rougie à la blanche lumière
Des citadelles blanches –
Elle entra en insurrection –
Se stupéfiant d’un long éclat d’os –
Elle sortit de sa chair élaguée
Et chiffonna son tronc
Contre la mort
Elle s’acharna – s’acharna –
Arme d’Armageddon –
Elle trancha – trancha
Au cœur d’Aphrodite
Et ses larmes ne s’asséchaient plus
Leurs crues délitées
Furent un poème à roses d’azur
Qui garda leurs plis recharnés
Pour le futur
Soupirant à la nasse de ses feux
Ses nerfs – lentement – s’assouplirent
Et – façonnant un corps neuf –
Se mirent à souffler le verre
Comme fragile il était !
Exécutant le flasque de ses laves –
Il se construit maintenant
Dans une durée de basalte
Comme un pare-feu
Plus tracées sont les lignes de l’instant
Plus s’effacent les signes du hasard
Et le passé insiste alors
A la porte noire
Du présent pétrifié
mercredi 28 mars 2012
BEANCE
BÉANCE
Ici – béance musicale :
L’adorée mi-ciel
Use le vide
Dans l’enchevêtrement des hauteurs
Le chant des oiseaux brave
Le soleil baissé sous toit
D’où sonnent des voix
Qui s’y cramponnent …
Il se tait – Il se cache -
Avec la haleur cristalline
Il découpe une chaîne blanche
Au cou de l’horizon bleu-azur
Tâches dans la prairie –
Joie ! Primevères
Jusque dans la froidure
De l’ombre
La soif de distance
S’étanche dans le lointain-proche
Qui devise dans les montagnes
Dans l’arène du silence
Qu’enchantent merle et fauvette
S’enroule la passacaille du désir
Qui monte en roseraie
Sur les joues du Mont-Blanc
L’instant glisse hors de ma voix –
La fauche
Descendant abruptement
En élan de loup
Dans la veille qu’attendent
Les étoiles
Ici – béance musicale :
L’adorée mi-ciel
Use le vide
Dans l’enchevêtrement des hauteurs
Le chant des oiseaux brave
Le soleil baissé sous toit
D’où sonnent des voix
Qui s’y cramponnent …
Il se tait – Il se cache -
Avec la haleur cristalline
Il découpe une chaîne blanche
Au cou de l’horizon bleu-azur
Tâches dans la prairie –
Joie ! Primevères
Jusque dans la froidure
De l’ombre
La soif de distance
S’étanche dans le lointain-proche
Qui devise dans les montagnes
Dans l’arène du silence
Qu’enchantent merle et fauvette
S’enroule la passacaille du désir
Qui monte en roseraie
Sur les joues du Mont-Blanc
L’instant glisse hors de ma voix –
La fauche
Descendant abruptement
En élan de loup
Dans la veille qu’attendent
Les étoiles
dimanche 18 mars 2012
LE RIDEAU
LE RIDEAU
La nature a tiré un rideau opalin
Sur les citadelles
Elle leur a volé l’or du couchant
Éternité mouchetée
De cotonnades gonflées de silence
Marbrant lourdement les sapins
Striant de cristal
Les herses des arbres
Le ciel – tamis blanc pour blanc –
Se confond avec la terre
Lustre – voile – ivoire …
Pendaison du vide
Habillé du corps d’hermine
Qui – sans un cri –
Glisse dans la face de la nuit
Sept heures à la cloche :
Le temps se marque
Et le rideau s’ouvre
Merle ! Vois-tu les forêts de l’adret ?
Il ne neige plus … Tu chantes !...
La nature a tiré un rideau opalin
Sur les citadelles
Elle leur a volé l’or du couchant
Éternité mouchetée
De cotonnades gonflées de silence
Marbrant lourdement les sapins
Striant de cristal
Les herses des arbres
Le ciel – tamis blanc pour blanc –
Se confond avec la terre
Lustre – voile – ivoire …
Pendaison du vide
Habillé du corps d’hermine
Qui – sans un cri –
Glisse dans la face de la nuit
Sept heures à la cloche :
Le temps se marque
Et le rideau s’ouvre
Merle ! Vois-tu les forêts de l’adret ?
Il ne neige plus … Tu chantes !...
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