lundi 27 août 2012

NE SERAIT-CE QU'UN INSTANT ...


NE SERAIT-CE QU’UN INSTANT …



Sur la chair de l’instant
Incise vivace est
Ce plaisir solaire
Dans les limbes de la rue
Cachetées de perles creuses
Où conduit la pierre
Vers le mur-horizon

Illuminée est la patience
Au collier rose d’azur
D’un calme olympien
Elle bâtit un temple
De péroraisons
Pour sangler
La lumière
La scander
Avec le couchant
Des barricades

Le temps est notre féal :
Pour escalader
La distance
On suborne
Ses coursiers immobiles …

Avec la tendresse captatrice
Des errances qui parcourent
Les rencontres amicales

On ne hulule plus la veille
On le sait :
L’Histoire trépane
L’instant à cœur
De limace
Et yeux
De papillon

Ici – nulle attente
Pour prendre tout ce qu’on peut
Au hasard mis en fleurs enivrées
Cent – mille - posées
Dans la parole

Et – qui hurlera encore
A la vacance dans le
Poids du présent ?

On est oiseau
Sur la borne du proche
Personne pour soulever
Un poids dans le vide

Notre main sera toujours
Complice des envols
Pour un lendemain
Aux successions
Rejetées
Sur le fil
De l’hirondelle

Nous somme déjà
Des exilés dans
Les lustres éteints
Du futur

Mais l’amitié trouvera
Son socle : pierre sur pierre
Rebâtissant son sol
Jusque dans la nuit –
Faisant ainsi
Lumière
Sur
Les chemins qu’elle accepte
Dans le lointain
Jouxté
Aux plus féroces
Mondialités

dimanche 26 août 2012

TOUCHER LE REEL


TOUCHER LE RÉEL



Dans ma bouche : l’indicible
Arraché par bribes
Comme restes
Inadmissibles
De ma langue

Collée sur mes pupilles
Sa turgescence obscure
Insiste dans mes lèvres
Elle les épuise comme
Aux portes de l’oubli

Inachevable est la perdition …
La faire adhérer au réel
Sans phase intermédiaire
La mouiller d’écume
Au bord d’une sédition
Sans phare

Là – au dernier comble
Où brûle la nuit
Dans un silence
Gagné de l’intérieur –
Crachée à son remblaiement
Chuchote alors une source
Qui surmonte
Le temps
Fulgurant

Quand ricoche la promesse
Sur le corps embaumé
On hurlerait à la
Présence …
Dénaturalisons le regard
Et … Furtivement –
Au hasard où tombe
Une voix –
Le ficeler quand-même
A un sens

Et … Tant-pis pour la promesse …
Même bordé de rives instables
Qu’il avance ce sens
Que tout mot
Se délite
S’il faut
Toucher le réel
Je ne m’arracherai pas
Aux fils noués
De l’instant

Incompressible densité
Où se stupéfie
Un poème
Mais drogue s’il en est
Que de se fier
A Hermès
L’art
Ne résonnerait plus
Que dans l’étoffe plombée
D’un destin

Car le destin – lui est noyé !
Il reste : l’incertitude
Qui devient le plat
Des amours
Une fée – une muse – une sirène :
De quoi lier encore l’ « Éros »
A une patrie du poème
Patrie sans autre terre
Ni frontière
Que le fond indompté
Du désir-« Agapé »

Plonger – creuser – sonder
Dégager une clef ancrée
Dans l’époque encore
Ensanglantée
Par la puissance aveugle
Et la vitesse du
« Nihil exit »
Aboyeur
Lancer des esquisses
A la bordure de son temps
De sa musique – de ses mots
De ses paysages !...

samedi 25 août 2012

COMBATS DE TITANS


COMBAT DE TITANS



Nuages sales :
Chiffons à la nuit
Vous vouliez garrotter
L’aube blanche
Vous vous précipitez
Pour aller vous rincer
Dans l’horizon roux

Les marronniers roussis
S’emportent – comme en colère …
Mais – bientôt tout se calme
Alors l’azur se dessine
En plaques rapides
Au-dessus de
La place

Pour le moment
La lumière franchit péniblement
Un écran noir mais braisé
Qui glisse loin
Devant
Et … D’un seul coup –
Chute là-bas
Invisible
Derrière les murs

Des nuées blanches viennent alors
Se jeter à l’assaut
Du ciel
Un vent frais semble
Les repousser
Elles s’enfoncent
En arrière-scène

Les quelques voitures
Esquissent la vitesse
Cependant les métamorphoses
Accompagnées d’un combat titanesque
Au-dessus des toits
De la ville
Inclinent à la modestie
Et la ville dort dans la paix …

Aux caciques de la maîtrise dans les guerres
Le soleil répond par un saut vertigineux
Par-dessus murs et arbres
Meublant de sa lumière
Pierres et place

La ville est vide
On tient Paris dans ses bras
L’astre du jour flirte
Avec nos yeux
Les paupières
Clignent
Cœur !
Tu bas aux écoutes
Comme pour une ultime traversée
Du temps – une éternité
A naître même dans
La pierre

Ici la musique et le percolateur
Viennent rythmer
Les rires
De quelques rares matinaux
Qui ont vaincu la nuit
Et leurs paroles
Se confondent
Avec celles
D’autres
Celles
Des bâtisseurs infatigables
Des nettoyeurs increvables
En ce samedi de
La fin aout

vendredi 24 août 2012

AVANT - PENDANT - APRES LA PLUIE



AVANT – PENDANT – APRÈS LA PLUIE



A la hanche des murs
La ceinture-émeraude –
Grisée par le vent
Sous un ciel de mercure
Abandonne ses feuilles
De jaune flétries
Sous le poids craquant
Des passants

Et les sons fauves
Rythment de nouveau
Avec les rumeurs et les voix
Qui rissolent  notre  silence

Sauve est notre voix
Qui remue dans sa veine
Avec le vin que nous prenons
Aux paroles du soir advenu

Mais la pluie glisse
Sur les pas des revenants du travail
Avec un arrière-goût d’automne
Sur tout le corps grisaillant
Des murs ankylosés
De poussière

Elle est exténuée : la chaleur
A-t-elle rendu les armes ?
Un charme rompu :
Étiolée  la chaîne
Des promenades
Elle fond derrière
Ses seuils

Au loin –  l’arc de chevelures
Consonne avec le macadam
Lustré où courent des
Parapluies de toute
Couleur

Une fée souffle en silence
Au croisement des rumeurs
Et des paroles
Éole l’accompagne
Faisant déraper l’éclat
De sa robe jusqu’ici
Et … La pluie cesse

Le chant des paroles
Suit des trolls sortis
Des cités
Ils vont vers la veille
Appellent leurs sirènes
Pour aller combler l’obscur
Sur l’océan de la ville
Avec leurs vagues
Cursives

La tête des murs s’incline
Dans la nuit qui vient
Fraîchement – au détour
De tout bruissement
De fauves automobiles -
La bouche des rues
Avale leurs rumeurs