dimanche 31 mai 2015
JE VOUDRAIS REVENIR DE L'AU REVOIR
JE VOUDRAIS REVENIR DE
L'AU REVOIR
Je voudrais revenir de
l'au revoir
Drainer le temps de
l'infini « Bonsoir ! »
Dans le si tendre quartier
de la lune
Où j'exercerais mes rêves
nocturnes
Au travers de la flambée
de lumière
D'où tes yeux renvoyèrent
terre entière
Non ! Je n'ai pas
oublié ton regard
Furtivement cogné contre
mon hasard
Chuchotement mystérieux
de tes lèvres
Qui me laissèrent sérieux
sans trêve
Pourtant à un impossible
désir
Renvoyé à l'improbable
avenir
Mais autant le fil rompu
de l'instant
Autant un amour se fit
insistant
Que j'en tirai le bout de
ma bohème
A travers la poussière
d'un poème
Qu'ici il n'eut fallu que
te revoir
Qu'à jamais le temps ne
fut à surseoir
Or effacées les traces de
tout pas
Vers ton regard – Non !
Je ne revins pas
Mais des tempêtes peuvent
advenir
Et je retrouverai ton
grand sourire
A la croisée de ces
routes sauvages
Car dans tes yeux
s'éclairent les ravages
Il n'y aura aucun désastre
obscur
A nous séparer de tous
ces vils murs
Qui fauchent toute
compagnie sérieuse
Et la tienne demeurera
rieuse
Fendra-t-on le cours de
nos destinées
Comme si nous étions de
nouveau : nés
L'instant peut ne dépendre
que de nous
Celui qui – toutes les
promesses – noue
Au passé devenu futur
sans nom
Le passant pur présent
sans d 'autre pont
Que le franchissement de
ces barrières
Qui rejettent nos regards
en arrière
samedi 30 mai 2015
DEMEURE ! LEGER ET DOUX AMOUR !
DEMEURE ! LÉGER ET
DOUX AMOUR !
Si au tête à tête –
au cœur à cœur
Se bat votre silence
Il chuchote
Brûlant
Dans vos yeux qui
s'embrassent...
Vous harnachez vos rêves
A votre avenir
Deviner ce qui devise
De chacun à l'autre
Comme
Dans les paillettes de vos
sourires
Vient délayer le souci
Du partage
A travers le comble de
Vos désirs
Un temps immaculé s'ouvre
devant vous
Et vous attrapez déjà
Les souliers de
L'aurore
Où vous aurez accompli le
pas
De la dénudation
Vous désarçonnez déjà
la parole lourde
En feuilletant de vos
caresses
Le doux et léger duvet
D'oiseau
D'où
S'incarnent vos chairs
Épanouies
Personne ne peut vous
arracher
Le secret suspendu
A vos lèvres
Fondatrices
D'un monde réinventé
Personne ne peut spolier
l'histoire
Où vous êtes rentrés
Sans vacarme
Même pas
Les prêtres sorciers de
L'amour conjugal
Vous conjuguez tous les
toujours
Au futur d'un deux
Avec une sage
Ivresse
D'où la lourde syntaxe
De toutes grandes phrases
Se perd jusque dans
La sente de vos
Baisers
Et vous ignorez toutes les
chaînes de la providence
Vous êtes la providence
Faite charme
Qui suffit
A vos chuchotements
Le temps où se cherchent
Les confluences de
Tout ruisseau
Vous le captez aux sources
Qui racinent sous
Les fleurs
Vos maquis font la
désespérance
De tous les pouvoirs...
Il suffisait
D'une offrande magique
Il suffisait de l'aimant
Pour trouver tous
Les mots qui vous
Ressemblent
Mais combien de hasards
ont mené
Jusque là : au point
De rencontre ?!
Et aléatoire : la
prière
Contingent : le vœu
Pour l'étoile filante
aperçue !
Vous êtes là brouillant
Les pistes
Vous tenez le comble dans
Tous les vides de
La présence
Vous aurez acheminé vos
fardeaux
Jusque dans les puits d'où
Vous avez conçu
Des fontaines
Pour un mot à peine
prononcé
Pour un regard à peine
Entraperçu
Et même l'horloge aura
perdu
Son cours devant
L'incroyable
Instant
Où vous vous êtes
déchargés du
Poids du monde que vous
Retrouverez
Jour après jour – nuit
après nuit
A travers l'arc-en-ciel
De vos vies
Poursuivies contre la
pesanteur des choses
Ainsi la fulgurance de
l'instant
Aura retrouvé une
Durée longue
Parce qu'indéfiniment
Recommencée
vendredi 29 mai 2015
L'ERUPTION DES FOULES
L’ÉRUPTION DES FOULES
A l'éruption des foules
grimpe le lointain
Flambant le devenir à
cours de ses promesses
Si de proche en proche
roule le même « destin »
Toutes les roches
tarpéïennes disparaissent
Si un sillon ploie en tous
ses beaux grains de blé
Mais que s'y rassemblent
aussi herbes sauvages
Cela aura bien été au
comble qui plaît
Aux raisons des sages que
hante toute rage
Foudre venant – tout
aura été engrangé
Pour mettre à jour toute
une Humanité réelle
Naissant de ses cendres
après belle moisson
Qu' aucun oracle aux
sonneries du messager
Ne soit miracle qu'aux
Égéries qui l'appellent
Ce n'est qu'en nous
ouvrant de fertiles chansons
Le rire des enfants
traversera des déserts
Sans prince pour y rendre
la terre féconde
Les pinces de leurs
pensées lançant leurs geysers
A partir de toutes les
sources à la ronde
O Les foules relevant tous
les horizons
Peuvent dresser contre
guerres la grande brise
Chargée de tant de vraies
houles de la raison
Que les vagues de tout
courant ne les divisent
Mais si l'océan des
villes ne se déploie
Toutes hauteurs seraient
artifices serviles
Pour tous les vampires
avides de bons troupeaux
Et leur faisant briller le
glaive de la loi
Avec ses dents acérées
et une voix vile
Ils déchirent leurs peaux
avec ses oripeaux
Mais le multiple en
courants est là qui patiente
Pour se fondre en une même
et haute marée
Qui puisse cette fois les
gravir toutes pentes
Ce sera justice et vertu
d'un seul décret
Qui peut allumer toutes
étoiles filantes
Et grandir aussi à
l'assaut des hauts sommets
Peut tracer ses sillons
dans la terre d'Atlante
Qui est aussi la nôtre
ici et à jamais
Quand se rallumera la
lampe d'Aladin
Pour raviver la ferveur
devant la surprise
De ne plus côtoyer des
désastres obscurs
Elle lancera donc contre
tout dédain
Les rêves de la misère
pour – sans déprise -
Qu'elle épouse les foules
pour traverser les murs
jeudi 28 mai 2015
DU MAELSTROM A LA CALME NAVIGATION
DU MAELSTROM A LA CALME
NAVIGATION
A cette rumeur enflée des
paroles
Répond celle assourdie
des esquifs fauves
Sur ce maelstrom – qui
navigue en trolls ?
Les amants dans cette joie
qui les sauve
Et qui rit dans cette
furie nocturne ?
Ce sont les enfants
Pierrots de la lune
Mais – chuchotant –
l'amitié prend le quart
Elle génère un vif monde
de bohème
Qui mûrit dans la veille
– comme l'art
Où les vagues océanes
essaiment
Doucement leur écume de
passion
Pour cœurs sortis des
précipitations
Le brouhahas de touristes
sauvages
Tient tempête en sa
fausse liberté
Mais il ne saurait faire
des ravages
Au point de diviser sans
satiété
Ceux qui devisent en pure
sagesse
Sur les lèvres de la nuit
sans rudesse
Et – sans souci
d'amertume – l'instant
Navigue calmement dans
toutes âmes
Quand – des désirs –
s'entrouvre le vrai temps
Pour trouver à saisir
leur belle trame
Si secrets soient leurs
petits forts intimes
Qu'on en crayonne leurs
ressorts infimes
Le vent se lève et
bouscule la douceur
Mais les rêves et la
veille en bascule
S'équilibrent aux fêtes
des passeurs
Devant l'attrait d'un
charme ils ne reculent
Celui de la nuit où clame
lointain
L'écho du bruit dans un
miroir sans tain
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