dimanche 31 mai 2015

The Best of Clara Schumann

JEAN- LUC NANCY AU-DELÁ DE LA POLITIQUE (VIDEOCONFERENCIA) XVII CIFM

Jean-Luc Nancy - "Pour une commune pensée"

JE VOUDRAIS REVENIR DE L'AU REVOIR


JE VOUDRAIS REVENIR DE L'AU REVOIR


Je voudrais revenir de l'au revoir
Drainer le temps de l'infini « Bonsoir ! »
Dans le si tendre quartier de la lune
Où j'exercerais mes rêves nocturnes
Au travers de la flambée de lumière
D'où tes yeux renvoyèrent terre entière

Non ! Je n'ai pas oublié ton regard
Furtivement cogné contre mon hasard
Chuchotement mystérieux de tes lèvres
Qui me laissèrent sérieux sans trêve
Pourtant à un impossible désir
Renvoyé à l'improbable avenir

Mais autant le fil rompu de l'instant
Autant un amour se fit insistant
Que j'en tirai le bout de ma bohème
A travers la poussière d'un poème
Qu'ici il n'eut fallu que te revoir
Qu'à jamais le temps ne fut à surseoir

Or effacées les traces de tout pas
Vers ton regard – Non ! Je ne revins pas
Mais des tempêtes peuvent advenir
Et je retrouverai ton grand sourire
A la croisée de ces routes sauvages
Car dans tes yeux s'éclairent les ravages

Il n'y aura aucun désastre obscur
A nous séparer de tous ces vils murs
Qui fauchent toute compagnie sérieuse
Et la tienne demeurera rieuse
Fendra-t-on le cours de nos destinées
Comme si nous étions de nouveau : nés

L'instant peut ne dépendre que de nous
Celui qui – toutes les promesses – noue
Au passé devenu futur sans nom
Le passant pur présent sans d 'autre pont
Que le franchissement de ces barrières
Qui rejettent nos regards en arrière

samedi 30 mai 2015

DEMEURE ! LEGER ET DOUX AMOUR !


DEMEURE ! LÉGER ET DOUX AMOUR !


Si au tête à tête – au cœur à cœur
Se bat votre silence
Il chuchote
Brûlant
Dans vos yeux qui s'embrassent...
Vous harnachez vos rêves
A votre avenir

Deviner ce qui devise
De chacun à l'autre
Comme
Dans les paillettes de vos sourires
Vient délayer le souci
Du partage
A travers le comble de
Vos désirs

Un temps immaculé s'ouvre devant vous
Et vous attrapez déjà
Les souliers de
L'aurore
Où vous aurez accompli le pas
De la dénudation

Vous désarçonnez déjà la parole lourde
En feuilletant de vos caresses
Le doux et léger duvet
D'oiseau
D'où
S'incarnent vos chairs
Épanouies

Personne ne peut vous arracher
Le secret suspendu
A vos lèvres
Fondatrices
D'un monde réinventé

Personne ne peut spolier l'histoire
Où vous êtes rentrés
Sans vacarme
Même pas
Les prêtres sorciers de
L'amour conjugal

Vous conjuguez tous les toujours
Au futur d'un deux
Avec une sage
Ivresse
D'où la lourde syntaxe
De toutes grandes phrases
Se perd jusque dans
La sente de vos
Baisers

Et vous ignorez toutes les chaînes de la providence
Vous êtes la providence
Faite charme
Qui suffit
A vos chuchotements

Le temps où se cherchent
Les confluences de
Tout ruisseau
Vous le captez aux sources
Qui racinent sous
Les fleurs

Vos maquis font la désespérance
De tous les pouvoirs...
Il suffisait
D'une offrande magique
Il suffisait de l'aimant
Pour trouver tous
Les mots qui vous
Ressemblent

Mais combien de hasards ont mené
Jusque là : au point
De rencontre ?!
Et aléatoire : la prière
Contingent : le vœu
Pour l'étoile filante aperçue !
Vous êtes là brouillant
Les pistes
Vous tenez le comble dans
Tous les vides de
La présence

Vous aurez acheminé vos fardeaux
Jusque dans les puits d'où
Vous avez conçu
Des fontaines
Pour un mot à peine prononcé
Pour un regard à peine
Entraperçu

Et même l'horloge aura perdu
Son cours devant
L'incroyable
Instant
Où vous vous êtes déchargés du
Poids du monde que vous
Retrouverez
Jour après jour – nuit après nuit
A travers l'arc-en-ciel
De vos vies
Poursuivies contre la pesanteur des choses
Ainsi la fulgurance de l'instant
Aura retrouvé une
Durée longue
Parce qu'indéfiniment
Recommencée

vendredi 29 mai 2015

L'ERUPTION DES FOULES


L’ÉRUPTION DES FOULES


A l'éruption des foules grimpe le lointain
Flambant le devenir à cours de ses promesses
Si de proche en proche roule le même « destin »
Toutes les roches tarpéïennes disparaissent

Si un sillon ploie en tous ses beaux grains de blé
Mais que s'y rassemblent aussi herbes sauvages
Cela aura bien été au comble qui plaît
Aux raisons des sages que hante toute rage

Foudre venant – tout aura été engrangé
Pour mettre à jour toute une Humanité réelle
Naissant de ses cendres après belle moisson

Qu' aucun oracle aux sonneries du messager
Ne soit miracle qu'aux Égéries qui l'appellent
Ce n'est qu'en nous ouvrant de fertiles chansons


Le rire des enfants traversera des déserts
Sans prince pour y rendre la terre féconde
Les pinces de leurs pensées lançant leurs geysers
A partir de toutes les sources à la ronde

O Les foules relevant tous les horizons
Peuvent dresser contre guerres la grande brise
Chargée de tant de vraies houles de la raison
Que les vagues de tout courant ne les divisent

Mais si l'océan des villes ne se déploie
Toutes hauteurs seraient artifices serviles
Pour tous les vampires avides de bons troupeaux

Et leur faisant briller le glaive de la loi
Avec ses dents acérées et une voix vile
Ils déchirent leurs peaux avec ses oripeaux


Mais le multiple en courants est là qui patiente
Pour se fondre en une même et haute marée
Qui puisse cette fois les gravir toutes pentes
Ce sera justice et vertu d'un seul décret

Qui peut allumer toutes étoiles filantes
Et grandir aussi à l'assaut des hauts sommets
Peut tracer ses sillons dans la terre d'Atlante
Qui est aussi la nôtre ici et à jamais

Quand se rallumera la lampe d'Aladin
Pour raviver la ferveur devant la surprise
De ne plus côtoyer des désastres obscurs

Elle lancera donc contre tout dédain
Les rêves de la misère pour – sans déprise -
Qu'elle épouse les foules pour traverser les murs

jeudi 28 mai 2015

DU MAELSTROM A LA CALME NAVIGATION


DU MAELSTROM A LA CALME NAVIGATION


A cette rumeur enflée des paroles
Répond celle assourdie des esquifs fauves
Sur ce maelstrom – qui navigue en trolls ?
Les amants dans cette joie qui les sauve
Et qui rit dans cette furie nocturne ?
Ce sont les enfants Pierrots de la lune

Mais – chuchotant – l'amitié prend le quart
Elle génère un vif monde de bohème
Qui mûrit dans la veille – comme l'art
Où les vagues océanes essaiment
Doucement leur écume de passion
Pour cœurs sortis des précipitations

Le brouhahas de touristes sauvages
Tient tempête en sa fausse liberté
Mais il ne saurait faire des ravages
Au point de diviser sans satiété
Ceux qui devisent en pure sagesse
Sur les lèvres de la nuit sans rudesse

Et – sans souci d'amertume – l'instant
Navigue calmement dans toutes âmes
Quand – des désirs – s'entrouvre le vrai temps
Pour trouver à saisir leur belle trame
Si secrets soient leurs petits forts intimes
Qu'on en crayonne leurs ressorts infimes

Le vent se lève et bouscule la douceur
Mais les rêves et la veille en bascule
S'équilibrent aux fêtes des passeurs
Devant l'attrait d'un charme ils ne reculent
Celui de la nuit où clame lointain
L'écho du bruit dans un miroir sans tain