jeudi 8 octobre 2020

MAGIQUE-CIRCONSTANCIEL Poème daté du 6-03-1997 Repris le 9-10-2020





Poème daté du 6-03-1997

Repris le 9-10-2020



MAGIQUE-CIRCONSTANCIEL



Mon narcisse fleurit

La nuit

Dans mon verre d'eau

Ma petite parole se fait frémissante


La soudaine épaisseur du mirage

A réveillé le miroir des rêves

Elle y allumé une flamme

Aux contours

Incertains


Elle tend tellement

L'assaut du désir

Que j'en oublie

L'espace où ça se déploie :


Un pauvre petit verre d'eau

Sous ma bouche persiffleuse

Sous mon nez renifleur


Mais … Cela insiste

Comme un porte-voix

Avec son pavillon en corolle


J'y vois des vertus abyssales

Où gonfle un appel


Vais-je surfer longtemps

Sans plus soleil -

Sur l'espace contrit

De ce petit miracle des choses ?


La petite lampe qui repose

Près du chambranle

De ma fenêtre

Ouverte

C'est comme l'étoile pensive

Qui a réveillé la fleur

 

Abasourdir La Rhétorique




Poème daté du 1er mars 1997

Repris le 8-10-2020



ABASOURDIR LA RHÉTORIQUE



Cela ne dort pas

Au confins du discours

Cela s'active

Dans les condensations

D'une parole


Cela fuse puis chantonne

Comme le merle des aurores

Et des crépuscules


L'épaisseur des choses

En remue de spasmes

Comme l'eau bouillonnante

A sa surface éclatée


La modulation continue

S'essaie à rejeter

Son effraction

Par le hasard

Joueur

N'est-elle pas – cependant

Aléatoire

Cette soudaine mélodie


L'Homme y poursuit son propre silence

Et désenfouit ainsi l'épaisseur de son propre espace


C'est comme de la beauté une femme

Installée dans son propre désir

Avec un chant hasardé


Cela ne fractionne pas

Dans le bref

Dans le moment du voile jeté


Et cela galope – jeté

Dans le tranchant de l'écriture

Et cela – forme courbe

N'effleurant qu'à peine

Les battements

Des sens


Voilà – sans doute recherché :


La doux-amer du poème

Comme une transparence de perle

Chutant dans la voix

Qui s'y divise et bataille sans-cesse

Au silence de soi

Au silence du monde


Petite fantaisie qui se cueille – qui s'accueille et travaille

Dans le cœur endolori de l'humanité ...


 

Les Marées N'Emporteront Pas Notre Parole - Poème daté du 9-03-1997 Repris le 8-10-2020





Poème daté du 9-03-1997

Repris le 8-10-2020



LES MARÉES N'EMPORTERONT PAS NOTRE PAROLE



Nous le savons :

Nature (et ses lumières)

Tire sur les temps

Comme la force d'exil sur

L'arc des marées


Mais la mémoire tenace

Enchante encore les domaines

Où s'exalte la plus ténue

Des eaux des songes


Frise glaciale

Aux entours incertains :

La haute chaîne des silences

Empourpre la parole

A cause de joies

Captives …


Je m'ensauvage …


Essayant de me séparer

Du sel qui flambe

A mes lèvres

Je tente

De faire mordre

L'obscurité sans nom

A une larve de cri


Mais mes pêches sont aveugles …


Suit encore ce ressac soufflé

Sur la face de grenade

De mes mots incendiés

Par le sel

 

DE L'ESSENTIEL REMARIAGE ENTRE DESIR ET NATURE





Poème daté du 8-03-1997

Repris ce 7-10-2020



DE L'ESSENTIEL REMARIAGE

ENTRE DÉSIR ET NATURE




Est-ce piège de Nature aux allants d'inconnu :

L'eau qui se débat sous l'effet

De serre d'un poème

A fleur de peau -

Et inonde ...

Se composant en force

Sous l'effet d'artifices

En pierres roulantes ?



Se plisse – se replisse en chemin

Au bord de la source

Du désir

La parangon de la jeunesse

Même hissé comme

Un drapeau



Ah ! Voir ce foin savonneux

Glisser sous la cuisse

De l'enchanteresse

Allongée

Dans l'attente du cœur insoumis !

Et la poussière de paille

Dans la grange recherchée

De sauter au nez

Du bienvenu

Tout à la chaleur de l'accueil !



Ce souvenir de l'identique ondulation

De toutes les herbes sauvages

Dans le champs d'un miel

Aujourd'hui

Trépassé

Les coquelicots qui y essaimaient

Y auront été mêlés

Au moment chaud

De la toute première

Fenaison



Être flambant :

Tes ricochets à hauteur d'épis

Traversent les lèvres blessées

Des épouvantails

Du temps



O La puissance de l'arrêt au gouvernail

Sur les épaules du vent

Elle a les couleurs

De la jouissance

Et l'attrait de

La quête

Même au comble de l'oubli


Si l'azur nous est déliquescent

Qu'il noie notre décision

Dans une monotone

Complainte

Alors

Nous ne le voulons plus



Ah ! La force d'oubli que révèlent

Les assoiffés de la parole !

Or sous la herse

Du partage

Sous ses plis

Nous construisons

La force du nouveau



Sous la herse de métal

Des Châteaux du mensonge

On ne voit qu'illusion

De paix en retraite


Da la lumière en des sources fragmentées

Sur la terre vivante

Viendra le printemps

Y coulant calme

Des jours de noce

Entre désir

Et Nature

Comme dans les pousses frais

De la légumineuse

Où l'amour est

A croître

 

mardi 6 octobre 2020

D'UN POINT DE FIGURE INTENSE




Le 6-10-2020



D'UN POINT DE FIGURE INTENSE


Poème daté de 1992 Repris et corrigé ce 6-10-2020



Blanche à tout destin

A la nuit : ses voiles en courant

A la lune : son pagne

Brillant aux

Périls

Passent la fureur


Car l'espoir

En amertume  balayée

Et dans l'œil :

Simple perle -

Pas non-comptés -

Nous arrête sur

Son nom

Sans ligne à pêche

Et de hauteur intense :

Mate : levée


Son souffle

Tenant lieu d'appel

Sans nœud – sans illusion :

Un départ en troubles

Étincelle !

PROPAGATION UNIVOQUE

 

lundi 5 octobre 2020

L'INCOMMENSURABLE Poème daté de 1998 Repris le 5-10-2020





Poème daté de 1998

Repris et corrigé le 5-10-2020



L'INCOMMENSURABLE



De l'incompressible saturation des mots

Où se scellle le havre de l'inévitable désir

Avec de liquides et pâles rumeurs prises

Aux rigidités obscures

S'ordonne

L'exténuation d'un temps sans l'horizon

Ce temps qui se penche

Sur sombre livrée

Cette inconnue

Délivrée

En orfraie sur l'instant



Au cœur de l'aurore en éclipse -

Décousue du ciel :

L'étoile

La mienne – froide et pure...


Elle est venue : l'heure et non vénéneuse

Nulle part annoncée

Mais vorace

Et d'apparence silencieuse

Pour le registre infini

D'années

De nouveau loquaces


Tenter toujours de retrouver le don immaculé

Dont on ne compte plus

Les célébrations

Froides

Comme s'il était caduque

D'en attendre

Des fruits


Et Misère s'évertuerait – comme condamnée

A compter ses repliements

Dans le non-dicible ?


Que vaut le comblement des fosses du désir

Devant le grand vide

Des ordres

Comptés ?


En avant ! Brûlons les spectacles de guerre

Ne laissons plus le sable

Couvrir les plaies

Des bruits

Mal cicatrisés

Des tempêtes passées


Ah ! Rejaillir d'un pas nouveau

Sans rigidité en pensées

Au milieu des corps

Et vagues

Actuels !

 

Micropiezas for Guitar - Léo Brouwer - Carolyne Cannella