lundi 28 mars 2016

Ville-Lumière - Horizon - Distance - Lumière et Ombres



PARIS
Place de la Nation
Au Dalou Av. du Trône
Dialogues fictifs entre deux citadins
Interpellés ensuite par
Un poète

VILLE - LUMIÈRE – HORIZON – DISTANCE – LUMIÈRE ET OMBRES



Interlocuteur 1 :

« Je te montre l'air du Printemps à son enseigne blanche et cristalline
Avec le drapeau multicolore, chiffonné, follement agité par le vent
Tournant en tempête, tout près de tes colonnes blêmes, voraces, bandées
Sur l'avenue … »

Interlocuteur 2

« Je te réponds dans tes lampes de couleur mercure, moutonnières qui barbouillent
De crème la pierre de taille forte pour laquelle tu n'as pas d'yeux ! »

Int. 1

« Je l'embroche de mes feux fixes et de ceux mobiles qui coulent sur la rivière
Marbrée de tes rêves . Tu n'aimes pas qu'on jette de la lumière sur tes
Monumentales et blafardes imitations de temple où la ville se vit au
Passé le plus sombre . Tes ombres sont monstrueuses : elles mordent
Comme des vampires ce qui ne se tient en toute lumière . Et qui donc
Voit ce Printemps où l'on sait se vêtir contre le froid insistant et contre
La pluie et les coups de brise brutaux qui transpercent . »

Int.2

« Oui...Mais que vois-tu si ce n'est l'éclat du paraître ? Mon horizon ?
Je le connais et n'ai nul besoin de conscience moutonnière .
Le printemps vibre le jour dans les ombres des acacias et les platanes !... »

Int.1

« Oui.. Réfugie-toi dans tes nids-casemates ! Tu ne rencontres pas
Le monde qui brille de mille feux mouvants ! »

Int.2

« Et toi , tu te moques tellement de la tempête ! Du moment que tu gardes
à l'abri : le clinquant, le pimpant et le brillant !... »


Survient un poète quelque peu impertinent...Il avait suivi à distance ce dialogue..
Le poète :

« D'où vient la lumière et qu'est-elle sans ombres ? »

Les 2 protagonistes interlocuteurs répondent, d'un seul élan :

« A quoi cela peut bien nous servir de le savoir ? D'où sortez-vous ? »

Le poète insiste :

« Alors que savez-vous de l'horizon ? »

D'un même chœur encore, ceux-ci répondent :

« C'est ce qui mène la vue jusqu'aux portes de la ville !... »

Mais, tout de suite, le tenant des feux dans la ville , affirme :

« Les yeux des grands axes sont ces étoiles à leurs bouts et...
Quand ils bougent, c'est tellement beau ! »

Le second qui se moque du clinquant dans la ville rétorque:

« L'horizon est immobile, qu'il soit gris ou lumineux, si on le
Sait le jour, on le sait la nuit »

Nouvelle question du poète :

« Et la distance, est-elle immobile ou mobile ? »

Réponse unanime des deux comparses :

« On se moque de la distance . On la franchit...C'est tout ! »

Le poète se fait insistant :

« Vous pouvez voir cela, la nuit comme le jour ? »

« Pas besoin d'effort pour franchir la distance... » répondent-ils ensemble

Le poète se fait décidément penseur et il rétorque :

« La distance recule toujours . La lumière comme l'ombre ne cachent pas
Ce phénomène... Mais que pensez-vous de l'aurore et du crépuscule ? »

Les 2 veilleurs ne s'en soucient pas et ils le font savoir .

Alors notre poète leur assène une conclusion apparemment péremptoire :

« Vous n'avez aucun horizon ! Or les deux colonnes l'ouvrent, que ce soit
De jour ou de nuit ! »

Et nos deux interlocuteurs semblent se fâcher ! Chacun pour soi contre
Le fauteur de troubles ….

Le partisan de l'ombre :

« L'horizon : c'est fictif ! »

Le partisan de la lumière :

«  L'horizon est toujours barré ! »

Ce à quoi le poète répond aussitôt :

«C'est ce que je pensais ; vous êtes tous les deux enfermés dans la ville !
Vous ignorez la source de l'horizon qui est la distance mouvante à la lumière . »

Il ajoute fermement :

«  Si vous sortez de votre cadre urbain, à grande vitesse ou par vos yeux,
Vous savez bien que le lointain recule d'autant plus que vous cherchez à
Attraper sa lumière... Mais l'aurore comme le crépuscule peuvent vous
Faire toucher la distance, que celle-ci brille ou ne brille pas ! Avec l'avancée ou
Le recul de la lumière, peu importe, sa source reste immobile, c'est la terre qui tourne et
Elle tournera toujours ! La terre de la ville est sans arrêt prise par ce mouvement qui a
Comme source , non pas votre vitesse mais la distance à la lumière .
Soyez donc pour l'avènement des aurores et vous verrez combien le royaume
Des ombres, sans-cesse, dépend de la lumière ; à moins que la terre meurt !
Soyez pour l'aurore et veillez, au crépuscule... Vous aurez le printemps
En vos cœurs en toutes saisons ! »

Désappointés nos deux comparses s'en vont répétant, comme s'ils se souvenaient :
« E = MC2 , E=MC2, E=MC2 !!!! »
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