jeudi 19 mai 2016

Voici une poésie comme une écorce d'arbrisseau sur une pierre ensanglantée ! Mais la vie y est dense et intense !

algérienne – les Alpes de Haute Provence.-France

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L’amertume cache son fruit
quand je cache mes ombrages
dans l’ocre de mon féminin
j’abrite la chair des adieux 
dans mon essaim de pluie
et ma nudité est ici
dans une leçon de nostalgie
allez dire 
au contraire du miroir
de me rendre mon bracelet de sel
qu’il envoûte ma solitude
j’y ferai germer les intimités lointaines
l’oubli 
se détachant d’un nuage 
la virginité du pain
pourquoi le vent écrit
dans le giron des blés 
le cri le plus absent
mon corps au sang maternel 
est un pays d’enterrement
ni mes nuits ni mes jours ne savent rien 
seules les pierres sont des poétesses
ma voix est un passage mutilé
un grain de sable dans un livre fermé.

Commentaire de Mohamed Salah Ben Amor :

Hakima Mahdi fait partie  de ces poètes qui écrivent peu mais bien et elle cultive les muses, à ce qu’il paraît, pour le plaisir, car des mois passent sans que je lui trouve dans son espace sur facebook un nouveau poème, à part quelques haïkus et mimi-textes épars dont aucun ne peut faire l’objet d’un commentaire consistant  conforme aux critères que nous avions établis  pour cette rubrique. Et c’est tout à fait par hasard qu’en fouinant  dans son compte à la recherche de l’un de ses éventuels nouveaux écrits, je suis tombé sur ce poème apparemment autobiographique qui mérite, à mon avis,  d’être lu  et traduit pour nos amis arabophones et dans lequel se trouve peut-être l’explication de ses fréquentes absences sur facebook. En effet, à bien regarder le tableau désolant qu’elle brosse de son état d’âme et la vison sombre qu’elle porte sur le monde , l’impression générale qui s’en dégage est qu’elle aurait subi un violent choc émotionnel qui lui avait fait perdre tout goût à la vie. Ce qui s’est répercuté sur le niveau stylistique du texte sous deux aspects principaux : une forte densité du lexique de l’abattement et de la déprime (amertume – adieux – nostalgie – solitude- enterrement – mutilé- fermé…) et un flot d’images reprenant la même signification sous des formes très diversifiées (ma nudité est ici dans une leçon de nostalgiele vent écrit dans le giron des blés le cri le plus absentmon corps au sang maternel est un pays d’enterrementma voix est un passage mutilé un grain de sable dans un livre fermé…). Une troisième particularité stylistique aussi saillante dans ce texte est le caractère très abstrait de ces mêmes images qui serait né d’un désir de la poétesse de dire l’indicible devant le désordre des idées qui lui traversent l’esprit  et le brouillage des pistes de son imaginaire. Mais ce ne sont là que des interprétations qui ne peuvent, en aucun cas, remplacer la vérité que seuls Dieu et l’auteure connaissent et qu’elle n’est nullement obligée de  divulguer. La seule chose qui nous importe ici est la valeur esthétique de ce poème qui ne fait l’ombre d’aucun doute. Un bon poème  Hakima et à la prochaine!
MASHARIF.COM
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